Entrevue avec
Plague Bearer
Réalisée par Nikalakon


La version originale de l'entrevue, en anglais, peut être trouvée ici

L'Édition Métallique: Depuis la dernière entrevue, en 2002, il y a eu beaucoup de changements dans le groupe, le style a changé, de même que le line-up, que s'est-il passé?

Sebastian K.: Comme tu dis, il y a eu un changement dans le line-up concernant le batteur et le problème était d'en trouver un autre de la même qualité. Cela a malheureusement pris plus d'une demie année et pendant ce temps, mon écriture et mes textes de chansons ont aussi changés. Je pense qu'ils ont été enrichis par les parties orchestrales qui ont été ajoutées et cela leur a fait gagner en émotion. Également, je suis aussi devenu insatisfait des mes anciennes chansons qui n'avaient jamais été produites (2000 à 2003) d'une façon telle que j'ai ressenti le besoin de changer certains aspects et aussi de les réécrire en quelque sorte. Le résultat de cela n'est pas encore fini en ce moment car c'est plutôt difficile de re-ressentir le même mood qu'à l'époque où elles ont été composées et de le combiner à ma situation actuelle dans la vie. Comme toutes mes chansons sont basées sur des émotions, mon écriture a changé avec ma vie émotionnelle.

Les changements dans le line-up ne sont, encore aujourd'hui, pas terminés. La plupart des anciens membres fixes du groupe sont devenus des musiciens de session en raison de leur statut dans la vie, notamment en raison de leur travail et leurs relations personnelles. Mais à part pour le batteur, il n'y a pas eu d'autres changements majeurs dans le line-up. Les gros changements sont à venir et seront connectés à mes nouvelles compositions, parce que ce n'est plus suffisant de n'avoir qu'un claviériste et une voix féminine uniquement live ou de session.

L'Édition Métallique:Tu es l'unique membre originel du groupe. Est-ce que cela te place dans une situation un peu à part des autres ou ça ne change rien?

Sebastian K.: La seule différence est que je suis le seul à écrire les chansons et qu'il n'y a aucune influence des autres membres, ce qui devient parfois un problème. On pourrait donc dire que ça me place un peu à part des autres puisqu'il n'y a que moi qui dirige le développement du groupe.

L'Édition Métallique: D'où viennent les nouveau membres du groupe? Jouaient-ils dans d'autres groupes?

Sebastian K.: Ils ne sont malheureusement pas aussi près que ce que j'aimerais. Par exemple, André vit à 200 km de notre local. Cela est vraiment tannant et ça devient une situation problématique pour le groupe. Avant, il jouait dans plusieurs groupes underground locaux mais je ne crois pas qu'ils existent encore. Chris était notre bassiste pendant la tournée de 2003 et est revenu dans le groupe comme un bassiste de session mais il n'est pas trop sûr si son emploi (et sa femme) va lui permettre de rester.

L'Édition Métallique: Parles-nous de la tournée que vous avez faite en 2003. Il semble que ce fut un grand succès! Pensez-vous repartir en tournée encore dans un futur rapproché?

Sebastian K.: Oui, la plupart des spectacles ont été vraiment biens. Le grand saut fut de jouer dans les autres pays européens, qui semblaient d'ailleurs plus apprécier notre musique que notre propre public local. Nous avons gagné de nombreux fans pendant cette tournée et c'était super d'avoir tout ce feedback pour ma musique. Mais comme tu peux imaginer, il n'y a aucun autre spectacle de prévu encore. Tout d'abord, quand le line-up sera fixe et sûr, et que notre album sera produit, là nous iront jouer sur les scènes européennes.

L'Édition Métallique: Donc la saga Cold Winds est maintenant terminée. Es-tu fier de ces albums ou préfère tu plus les laisser derrière toi et te concentrer uniquement sur le futur?

Sebastian K.: Je suis fier de l'histoire. Je regarde uniquement vers l'avant mais c'est certain que les anciennes chansons font partie de Plague Bearer, ce qui est bien. Le problème que j'ai avec ces pièces est que l'aspect musical est beaucoup moins développé que ce que nous faisons maintenant, surtout avec les nouvelles parties orchestrales. Quelquefois, j'aime tout changer dans ces pièces, mais à d'autres occasions, quand je les écoute en étant libre d'esprit, je les aime toujours.

L'Édition Métallique: Qu'arrive-t-il au monde de Glazeris que tu as créé? Et concernant le jeu sur papier qui y était relié?

Sebastian K.: Le jeu est encore joué par plusieurs personnes et le monde existe donc toujours aussi. Glazeris était un miroir distordu pour m'exprimer. Le tout s'est soudé ensemble accidentellement avec ma passion pour la fantaisie et j'ai donc créé tout ça. La saga Cold Winds avait ce monde en arrière plan mais ça n'en parlait pas directement. C'était toujours ma façon de mettre mes émotions dans une histoire ou dans un poème. Ce type de narration va également être à la base de la conception des nouvelles paroles pour les prochains chapitres de Plague Bearer.

L'Édition Métallique: Le nouvel album, Views of a World, est maintenant enregistré, mais toutefois sans les voix féminines. Est-ce le commencement d'une nouvelle saga?

Sebastian K.: Non, mais c'est encore un nouveau concept que nous suivons. Les chansons se développent à partir d'un sentiment joyeux vers un sentiment noir et mélancolique. Et dans le milieu, on peut y retrouve une zone grise, un sentiment d'espoir qui représente la croyance en un monde meilleur ou tout simplement l'espérance. Le but est de représenter la situation où on tombe amoureux et où on se retrouve dans cet autre monde où tout nous affecte et où l'on est vulnérable et sensible. Il y a plusieurs sujets connexes au sujet principal de l'amour impossible, mais c'est sans les histoires d'arrière plan qui existaient pour la saga Cold Winds. Les paroles sont cette fois sous la forme de la narration d'une histoire ou d'un mythe.

L'Édition Métallique: Vous pensez avoir à nouveau une femme chantant les " clean vocals " alors que tu vas faire les grognements. Qu'attends-tu de ce mélange?

Sebastian K.: Une voix de femme a tellement plus d'influence que des grognements. Je recherche une expression dans la voix que je ne peux pas produire moi-même. Aussi, les voix de femmes s'insèrent mieux que les grognements dans les interludes ou parties folkloriques.

L'Édition Métallique: L'album semble être très mélodique. En ajoutant les voix, voulez-vous garder ce son symphonique ou l'accent sera-t-il plus mis sur, justement, les voix?

Sebastian K.: Oui, c'est très mélodique, avec beaucoup de changement de rythmes et de tempo. Cela crée une ambiance très forte, un esprit épique qui pénètrent au plus profond de l'esprit. Je veux donc définitivement garder ce son symphonique. Les voix doivent toutefois faire partie du tout autant que le son orchestral. Mais je ne pense pas que la musique pourrait supporter que l'accent soit mis sur les voix, ce serait probablement trop.

L'Édition Métallique: Y'a-t-il des groupes qui vous ont influencé pour cet album ou ce nouveau genre de musique vient d'une initiative personnelle pour essayer de nouvelles choses?

Sebastian K.: L'esprit est toujours typiquement Plague Bearer et demeure épique. Le changement est-il si important? Je pense que les melodies et l'esprit sont les mêmes. Les seules différences sont que l'aspect symphonique est mis à l'avant plan et que mes paroles sont plutôt de type paroles orchestrales. C'était un besoin personnel de mettre plus de symphonie dans ma musique puisque avec ce mélange, les chansons gagnent en densité et en esprit. Je pense qu'on est toujours un peu influencé par les autres, mais je ne crois pas qu'un groupe en particulier m'ait influencé plus que les autres. Normalement, je n'écoute pas vraiment de musique symphonique.

L'Édition Métallique: Quel type de paroles veux-tu ajouter à la musique? Encore des paroles de type "fantaisie" comme ce que tu as déjà fait ou cela va être complètement différent?

Sebastian K.: Le même type de paroles inspirées. Tout le monde peut trouver un sens personnel aux paroles. Mêmes si elles sont très personnelles, je ne livre par mon cœur à quelqu'un en particulier. Du moins, un peu mais pas directement. Peut-être que certains pourront s'identifier dans certaines de mes paroles. Aussi, elles donnent un peu l'impression d'être encore de type fantaisistes, mais le contenu est uniquement mis dans la narration des histoires. Cette façon d'écrire les paroles donne en fait plus ou moins un peu de fantaisie. On peut donc dire qu'on retrouve encore un peu de fantaisie, quoique moins qu'avant, mais l'élément central est surtout composé d'aspects personnels.

L'Édition Métallique: Pour l'instant, vous n'êtes pas sur aucun label, et il y a beaucoup de travail à achever pour que vous puissez sortir l'album, que reste-t-il en fait?

Sebastian K.: Trouver une chanteuse!

L'Édition Métallique: Avec la nouvelle direction que Plague Bearer prend, voulez-vous quitter la scène underground ou vous espérez devenir de plus en plus populaire?

Sebastian K.: C'est le rêve de tout musicien de vivre de sa musique, et nous aimerions cela nous aussi, mais le nouveau son n'a rien à voir avec un objectif de vouloir devenir plus populaire.

L'Édition Métallique: Qu'espères-tu pour le futur de Plague Bearer?

Sebastian K.: C'est une question très difficile. Tout d'abord un bon line-up et ensuite d'excellentes productions avec aussi encore plusieurs concerts.

L'Édition Métallique: De ce que vous connaissez de la scène underground en Allemagne, serait-il possible et aussi profitable pour de petits groupes canadiens d'aller se produire en Allemagne?

Sebastian K.: Profitable, probablement pas, mais si leurs labels leur en donennt la possibilité, ils doivent la prendre. La question de la possibilité dépend à mon avis du nombre de spectacles en combien de temps. Si il y a assez de spectacles et que tous les groupes se mettent dans un seul autobus, cela pourrait même être profitable. Mais svp, envoyez-nous uniquement les meilleurs hahaha.

L'Édition Métallique: Quels conseils donnerais-tu à un jeune groupe qui voudrait jouer avec vous ou d'autres groupes en Allemagne?

Sebastian K.: Tout d'abord de bien travailler avec les ingénieurs du son et ensuite de ne jamais arriver à son concert à la dernière minute (sauf si les ingénieurs du son sont les vôtres). Et aussi, il ne doit pas manquer le fait de donner un show convainquant et entraînant.

L'Édition Métallique: Eh bien, je vais donc vous souhaiter le meilleur des futurs, pour toi et pour Plague Bearer.


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L'Édition Métallique 2006