Entrevue avec
OPEN WOUNDS
Réalisée par An Ocean Soul
Novembre 2006


Dans le cadre du concours Danger Public 2006, le groupe Open Wounds a gagné un enregistrement gratuit, gracieuseté d'Apocalypse Productions. Le 1er novembre 2006, je me suis rendu au Club Saphir, où le dit enregistrement allait se dérouler. J'ai donc pu rencontrer quatre des membres du groupe (Bora : guitare, Hassan : guitare, Max : basse et Phil : batterie) avant le début de l'enregistrement.

L'Édition Métallique: Bonjour Open Wounds. Nous sommes en ce moment au Club Saphir, pour l'enregistrement de votre premier disque. À quoi peut-on s'attendre?

Open Wounds: On compte enregistrer 6 ou 7 pièces, selon comment se déroule la journée. Ce sont des vieilles compositions que l'on traîne depuis longtemps et qu'on a souvent essayé d'enregistrer. Il semble que nous soyons un groupe synonyme de malchance car à chaque fois, il y avait un problème et on ne pouvait pas enregistrer. On a seulement réussi à faire une promo d'une chanson qui date de trois ans, on espère donc que cette fois-ci sera la bonne.

L'Édition Métallique: Quel en sera le titre ?

Open Wounds: Nous avions pensé l'appeler The everyday struggle parce que nos chansons parlent de révolte, de drogue et de toutes sortes de problèmes quotidiens. Nous avons donc pensé que ce serait un bon nom pour un album.

L'Édition Métallique: Est-ce que vous ferez le graphisme vous-mêmes ?

Open Wounds: Oui, c'est moi (Bora) qui s'en occupe. Ce sera une image imaginaire et assez pittoresque de la guerre. C'est assez dur à décrire en quelques mots, mais vous le verrez bientôt de toute façon.

L'Édition Métallique: À quand est prévue la sortie de l'album ?

Open Wounds: Si l'enregistrement aujourd'hui va bien, il ne restera plus que les lignes de vocaux à mettre. Peut-être que d'ici un mois, tout pourrait donc être terminé. On espère vraiment que cet enregistrement soit bon car ce sera un peu le gros démo de Open Wounds. Cela fait près de 4 ans que nous existons, sortir ce démo nous permettra enfin de passer au nouveau matériel, qui sera encore meilleur vous verrez!

L'Édition Métallique: Cet enregistrement avec Apocalypse Productions était l'un des prix du concours Danger Public. Racontez moi votre expérience de ce concours, comment avez-vous aimé l'idée ?

Open Wounds: En fait, c'est Nicky, de Nicky's Productions, qui nous a invité à participer au concours. Au début, nous n'étions pas trop chauds à l'idée de jouer dans un concours, à cause de tout l'aspect de compétition, mais nous avons accepté son offre. Finalement, on a gagné, donc c'est sûr qu'on est bien content. On l'a fait cependant beaucoup plus pour le plaisir que pour gagner. En fait, nous n'avions jamais pensé que nous pourrions même dépasser la première journée. J'ai bien aimé mon expérience. J'ai aimé jouer avec des groupes comme Tempête, qui ont donné de très bonnes performances. Nous avons joué deux soirs avec eux et, en fait, je pense que ce sont eux qui auraient dû gagner ! Des trois soirs que nous avons joué, le premier fut cependant de loin le meilleur. Tous les groupes étaient excellents et le pit était génial. Il y a même eu une pyramide humaine pendant que l'on jouait, les gens s'empilaient les uns sur les autres.

L'Édition Métallique: Vous vous décrivez comme un groupe de Grind libertaire humaniste. Pouvez-vous me définir ce concept qui est, ma foi, assez rare dans la scène Grind ?

Open Wounds: Bien, il y a aussi Napalm Death qui se considère comme humanitaire. En fait, l'histoire est que moi (Bora) et Hassan, qui sommes les deux seuls membres restants de la formation originale, provenons tous les deux du mouvement punk. Le but est d'amener un coté positif car on considère que même quand tout est noir, l'humain a droit à sa chance, les hommes ont le droit de vivre égaux. Nous voulons jouer un peu plus que simplement de la musique, nous voulons de la musique avec un peu d'espoir. C'est dans nos textes que ça se reflète. On parle toujours de sujets qui nous tiennent à cœur. On traite de la drogue, de la révolte, du gambling, de la guerre.

L'Édition Métallique: Si le message est l'aspect le plus important de votre musique, pourquoi avoir choisi le style Grind pour le faire passer ?

Open Wounds: Encore une fois, je ramène Napalm Death, qui est selon moi une très grande influence pour notre groupe. Selon moi, la musique, on peut l'entendre, c'est accessible et un peu plus facile à voir mais c'est plutôt rare de voir des groupes qui affichent des opinions sociales fortes. Surtout dans la scène métal en fait, quand on compare à la scène punk ou la scène hoï, qui ont toutes deux leur message. Ce sont généralement tous des groupes engagés qui prônent l'unité, la fraternité. Nous voulons apporter cet aspect dans notre musique et dans la scène métal.

L'Édition Métallique: Qui dans le groupe écrit les textes ?

Open Wounds: En fait, nous considérons notre groupe plutôt comme un collectif. Chacun apporte ses idées et on mélange. On change tellement les choses que souvent, à la fin, il est assez difficile de dire qui a composé quoi. C'est sûr que les premières compositions, c'est essentiellement moi (Bora) et Hassan qui les avons composées, mais les nouvelles pièces sont l'œuvre de tous et chacun. Du coté des textes, il y en a une grande partie qui revient à Louis, notre ancien batteur. Sur le disque que l'on compte enregistrer aujourd'hui, il y a une grande partie du matériel qui vient de l'ancienne formation. Louis était un vrai poète et ses textes sont magnifiques. La majorité des textes qui seront sur le démo viennent de lui.

L'Édition Métallique: Pourquoi le nom Open Wounds ?

Open Wounds: C'est Louis qui a trouvé le nom aussi. C'est apparu dès le premier jam, où on a trouvé que la complicité, la chimie était déjà très forte et que l'on devrait trouver immédiatement un nom de groupe. Louis a alors sorti spontanément Open Wounds. On a conservé le nom depuis.

L'Édition Métallique: Politiquement parlant, décririez-vous Open Wounds comme un groupe de gauche ?

Open Wounds: Non, pas vraiment. C'est une question individuelle. Nous avons tous nos opinions politiques mais nous préférons conserver dans notre musique seulement le coté humain. Nous gardons la politique en dehors du groupe. Nous faisons de la musique pour que les gens s'unissent ensemble malgré les divergences d'opinion ou d'origine. Nous prônons l'anti-racisme, l'égalité des sexes. Nous comptons aussi parler de violence conjugale et de féminisme.

L'Édition Métallique: Nommez moi trois groupes que vous pourriez décrire comme étant de vos influences et pourquoi ?

Hassan: On vient chacun de milieux différents, on a donc chacun nos influences. Dans la scène Grind, trois groupes généraux qui pourraient revenir beaucoup seraient Carcass, Brutal Truth et Napalm Death. Du Iron Maiden aussi, et d'autres groupes de vieux Heavy Métal.

Phil: Moi, je m'inspire beaucoup de groupes très techniques comme Cryptopsy et Martyr. Ce sont des groupes qui aident beaucoup lorsqu'on recherche des nouveaux trucs plus poussés, de nouvelles idées. Ce n'est pas par contre un seul groupe qui m'inspire, mais des chansons individuelles, des morceaux de chansons je pourrais même dire.

Max: Moi je suis plus du type mélodique. Mes influences sont personnelles bien sûr, mais puisque dans Open Wounds je joue de la basse, ces influences ne se reflètent pas vraiment à leur plus fort ici.

Bora: On se considère Grind en fait parce qu'on n'a pas de structure précise de composition. Ce n'est pas A A B B C C comme dans une dissertation d'école. On vit à l'instinct et c'est comme cela qu'on compose et que nos influences se reflètent. Sur le moment même, on ne pense pas vraiment d'où nous vient l'idée, on la joue parce qu'elle nous semble bonne.

L'Édition Métallique: Est-ce que vous vous enregistrez à chaque fois, où vous essayez de vous rappeler ce que vous aviez fait la dernière fois ?

Open Wounds: Non, on ne s'enregistre pas. On essaie donc du mieux qu'on peut de s'en rappeler mais il y a des chansons qui changent à chaque fois bien sûr.

L'Édition Métallique: À part le nouvel album, qu'y a -t-il dans le futur pour le groupe ? Avez-vous des plans dont vous pouvez nous faire part ?

Open Wounds: En ce moment, nous avons une bonne liste de nouvelles compositions à monter. Nous avons tous chacun plusieurs idées de coté que l'on a fait individuellement, et il manque juste le temps de tout mettre ensemble et de faire un ménage là-dedans.

L'Édition Métallique: Je ne vous dérangerai pas plus longtemps dans votre enregistrement, merci beaucoup pour votre temps. Avez-vous un dernier mot pour conclure ?

Hassan: Lisez les textes ! Ne faites pas seulement écouter des albums et ne pas connaître ce que le groupe dit. Nos paroles ne sont pas là pour rien, lisez-les.

Bora: Aussi, peu importe ce que vous faites, il faut garder la scène underground intègre car c'est ce qu'on a de plus précieux !

Phil: Metal all the way !

Pour visiter le site Myspace de Open Wounds: http://www.myspace.com/openwounds



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