Entrevue avec
LYING TRUTH
par Pete


C’est avec quelques joints, bières et musique d’Iron Maiden que j’ai rencontré à leur local, Patrick « Ti-Jean » St-Yves (chanteur et guitariste) et Eric « Mille » Lauzon (batteur) du groupe Thrash Métal Drummondvillois, LYING TRUTH… Ce sont des nostalgiques des années 80 « thrash » et ils sont là pour faire durer le style…

L'Édition Métallique : Lying Truth semble être un groupe assez jeune. Parlez-moi un peu de vos débuts.

Eric : Comme la question le dit, on semble jeune, mais j’en connais des pas mal plus jeunes que nous. Ça fait quand même un bout qu’on roule dans notre garage, notre sous-sol, notre local à côté de la chambre de nos parents. Lying Truth est parti de loin en fait. Ça fait une douzaine d’années qu'on se connaît et qu'on « jam » ensemble. On a découvert le Heavy Métal pratiquement tous en même temps. On « rushait » alors sur des pièces de Metallica. Je me souviens particulièrement du jour où Pat commencait à chanter en jouant de la guitare. Un "Seek and Destroy" joué 50 fois après avoir lancé 3-4 fois sa guitare par terre et infligé quelques magnifiques claques au micro. Il a même « sacré son cam » du local. On s’archarnait à vouloir jouer du Métal, à l'époque. On s’est ensuite séparé une « couple » d’années pour enfin revenir ensemble il y a 3 ans. Après 1 an de pratique, on a modifié quelques pièces que Patrick avait composées et on a baptiser le groupe LYING TRUTH.

L'Édition Métallique : Votre premier Démo est particulièrement intéressant puisque c'est un démo "live". Dites-moi pourquoi vous avez décidé d'enregistrer un "live" au lieu d'un démo studio?

Patrick : C’est sans le savoir que l’on a été enregistrés au Festival de l’art Underground (F.A.U.) de Melbourne. Les gens en parlaient, mais rien ne semblait sérieux. Tant qu’à avoir le spectacle sur enregistrement, on en a profité pour en faire une centaine de copies. C’était gratuit alors pourquoi pas? C’était beaucoup moins cher que le studio. La prochaine étape est le studio.

L'Édition Métallique : Par qui le démo a-t-il été produit ? Avez vous été aprochés pour être enregistrés?

Patrick : Le démo a été produit par François Beaulieu de P.S.I. Records à Drummondville. Il avait déjà essayé de nous enregistrer, mais il y avait eu plusieurs problème lors des enregistrements précédents. P.S.I. records vient tout juste d’être fondé. On a aussi été approchés pour enregistrer en studio. On regarde présentement les possibilités qui s’offrent à nous.

L'Édition Métallique : Le gars sur la pochette de votre disque semble être mort ou dans le coma. Parlez-nous du concept de la pochette?

Eric : La première chose que les gens à qui je l’ai montré m'ont dit au début fût : « Hein? Yé mort?!?!?! ». Il est mort dans le sens figuré du terme. C’est un rescapé du F.A.U.. C’est une photo qu'une de nos amies a prise lors du festival. On recherchait justement une pochette qui représentait bien le Festival. Quand on a vu la photo et su que le gars nous permettait d’utiliser son image pour la pochette, on ne pouvait pas résister. On est bien content car l'image fesse et on aime ça comme ça..

L'Édition Métallique : Est-ce que vous avez un distributeur présentement?

Patrick : Non pas encore, on aimerait bien cela par contre. Mais on a pas vraiment cherché. Pour l’instant, on aime mieux le distribuer nous-mêmes étant donné le peu de copies... celles-ci s’écoulent vite d'ailleurs. Ça va prendre du matériel studio avant d’être distribué. On va chercher seulement quand nous aurons un album studio.

L'Édition Métallique : Prévoyez-vous enregistrer un album/démo en studio prochainement?

Patrick : On devrait entrer en studio avant novembre afin d'enregistrer une pièce pour quelques compilations pour lequelles nous avons été approchés. On ne sait pas quelle pièce pour l’instant. Ça ne sera pas une pièce du démo, mais une toute fraîche. Une fois qu'on aura parcouru plus de route, on entrera en studio pour enregistrer plusieurs pièces pour un album.

L'Édition Métallique : Quelles sont les principales influences de Lying Truth? On semble déceler un mélange de Kreator dans la voix et de Exodus pour la musique? Vous êtes plutôt influencés par les vieux groupes Thrash des années 80?

Eric : Nos influences sont nos goûts personnels, dans le fond. C’est vrai qu’on est accrochés au vieux Thrash Métal des années 80. C’est le style que l’on aimerait préserver pour le futur. Les gens cherchent à dire que le Métal est en baisse, mais nous sommes là pour le garder en vie. Le Thrash Métal est bon pour tout le monde, même ici en région.

Patrick : On a tous nos petits groupes auxquels on reste accrochés. Iron Maiden, Metallica, Slayer. Robert, le bassiste, est plus extrême et écoute du Destruction et du Overkill. Pascal, le guitariste, est un grand amateur de Pantera, Ozzy et Black Sabbath. Ce sont nos vieilles racines. Notre musique est un mélange de tout ça. On dirait que le Métal veut reprendre sa place, alors pourquoi arrêter?

L'Édition Métallique : Vos paroles semblent parler un peu de la vie de tous les jours. Étant donné qu'elles ne sont pas incluses sur la démo, parlez-nous en un peu...

Eric : Je ne sais pas si il y a des gens qui essaient de qualifier notre musique. Le Death Métal, c’est le sang, le Black Métal c’est vampirique, satanique, gothique etc. Mais nous sommes très loin de ça. Ça n’est pas notre « trip ». Nous sommes plus du genre à « chier sur la tête des affaires qui nous font chier » dans le monde. On dit tout haut ce que les gens pensent tout bas, sur fond de musique Métal bien sûr.

Pat : L’écriture se base surtout sur l’actualité, la réalité de la vie de tous les jours. La plupart des textes sont écrits par moi et Éric. Je ne pense pas qu’on change de style.

Eric : L’inspiration nous vient aussi un peu de Sepultura avec leurs textes anti-polices, anti-normalisation. La societé est mal fait, trop divisée entre ceux qui ont tout et ceux qui n'ont rien. (Eric s’exclame « Humm de la pizza » en pensant à une grosse pizza qu’il n’a pas)

L'Édition Métallique : Croyez vous à une renaissance du Thrash Métal? Quels groupes sont à surveiller selon vous?

Patrick : Ce n’est même pas une question à nous poser. On y croit tous dans le groupe, c’est pour ça qu’on continue

Eric : Par exemple, quand on est allé voir Slayer à Montréal, on a été très impressionnés par le quantité de jeunes qui étaient dans la foule. C’est un gros groupe peut-être, mais voir tous ces jeunes était assez impressionant. Nos parents, eux, vont voir Abba au centre commercial, et nous on va voir Slayer (Rire)!!!

L'Édition Métallique : Le fait que, quand des groupes comme Overkill, Testament, et même Voïvod jouent aux Foufounes Électriques quand ils viennent ici ne vous fait pas peur? Peu de groupes peuvent faire comme Slayer. Même leur assitance a diminué, ils ne jouent plus dans de très grands endroits…

Eric : C’est qualifié de marginal dans la socitété et il y du monde qui aime ca, il va toujours en avoir. On a cet esprit. Moi je joue de la musique que j’aime écouter. Je n’irai pas faire de la musique plus populaire même si je ne suis pas capable de remplir un aréna à cause de mon style de musique.

Pat : L’important c’est de faire ce que l’on veut, quand on le veut. Que personne ne nous en empêche. Même si c’est de moins en moins populaire. Pour ce qui est des groupes à surveiller, il y a Last Breath. Ils n’ont pas encore connus leur moment de gloire mais ils le méritent. Il y a Failure of Gods aussi, mais eux sont plus Death. Mais j’aime bien ce groupe malgré tout.

L'Édition Métallique : Parlez-moi de votre scène (Drummondville). Vous semblez être les seuls à faire du Métal. Tous les autres groupes comme Emböm, IO, Subversion semblent bels et bien morts...

Éric : Quelle scène ???? (Rire). Sans farce, c’est quand même plaisant de jouer à Drummondville. Nos "chums" se déplacent pour voir nos spectacles, ils sont fidèles et ils aiment « tripper » avec nous. Sauf que les spectacles manquent souvent d’ambiance. On ne se cache pas que l’on a à hâte d’aller jouer ailleurs. Il y a quelques groupes à Drummondville. Dans le Black Métal, il y a PortaeLucis qui font parler d’eux, mais ce n’est pas sérieux pour
l’instant. Ils improvisent. Il y a Eternal Symphony, un groupe de jeunes de 16 ans qui font des covers de Dimmu et Cradle. Ils sont jeunes encore. Dans le Death, il y a Failure of Gods et les Cultivateurs Contestaires, mais eux font plus du « Death Rock Agricole ». Il y a un groupe de « Nu-Metal » à coté de notre local mais on n'en connaît pas le nom.

L'Édition Métallique : Vous avez participé à 2 reprises au fameux Festival de l'Art Underground de Melbourne. Racontez l'expérience "Melbourne" aux lecteurs de l'Édition Métallique.

Éric : C’est très spécial de jouer au F.A.U. C’est un genre de Woodstock très underground, une très bonne expérience pour les jeunes formations. Il y a souvent des groupes connus par contre. Il y a plusieurs bons groupes à découvrir là-bas. On en a découvert plusieurs d’ailleurs que l’on aime bien. On y rencontre aussi beaucoup de gens. Comme une fille qui a fait des photos de nous et qui « trippait bin raide » sur notre musique. C’est en plein air. Un bon environnement pour les jeunes. Ça « trip solide »

Patrick : Quand j’était jeune, je me disais : « un jour je vais jouer à Melbourne ». Et c’est maintenant fait. Il y a beacoup de monde « cool » et le thrash est assez gros. C’est le chaos total à certains moments. C’est une bonne étape dans la vie d’un groupe. Si tu ne te fais pas lancer des bouteilles de bières pendant ta prestation, c’est que tu es prêt à jouer dans les ligues majeures (fou rire).

L'Édition Métallique : Pour ceux qui n'ont jamais eu la chance de voir Lying Truth en spectacle, à quoi doivent-ils s'attendre?

Eric : Un « boost » d’énergie et une rangée de « coups de pieds dans le cul »

Patrick : Un bon spectacle de Speed, Thrash Metal de la vieille école. De la bonne vieille musique produite avec le son actuel. Un peu comme Slayer, le son est passé de rasoir à un son plus actuel. Ah oui, il y a aussi des danseuses chaque soir sur la scène (rire)!

L'Édition Métallique : Présentement, quels sont les objectifs principaux du groupe? Sortir un album? Se produire en spectacle?

Patrick : L’objectif est d’avancer et de ne pas reculer (rire)! Sans farces, notre but pour l’instant est de jouer à l’extérieur de notre région le plus souvent possible. On a eu quelques offres, mais ca finit souvent que les promoteurs annulent l'événement ou ne le font pas finalement. C’est frustrant, mais bon on va y arriver.

L'Édition Métallique : Que pensez-vous du Métal en général de nos jours? Êtes-vous encore des nostalgiques des années 80?

Éric : Depuis le départ de Chuck, je ne suis plus le même. Je suis très sensible à sa musique qui est restée selon moi très actuel. C’est un gros morceau que l’on a perdu et plusieurs groupes vont s’en inspirer, j'en suis sûr. Il y a encore de l’avenir dans le Death Métal comme dans tous les autres styles. Il y a des groupes qui font des retours aux sources comme Voïvod, mais qui demeurent actuels. Les Limp Bizkit et les faiseurs de Pop Korn ne m’intéressent vraiment pas. Le « Yo Metal » à la Linkin’ Park, c’est « maganer » le Métal. Ce n’est pas dans la tradition. Plusieurs groupes changent à cause de ça. Metallica est même considéré comme du Hard Rock maintenant.

Patrick : Le Black Métal, ça n’est pas mauvais, mais moi je n’aime pas vraiment ça. Les musiciens sont excellents, mais ça n'est pas mon genre. Je suis accroché au vieux S.O.D., M.O.D. Slayer, Death… Le gros Death Métal à la Cannibal Corpse non plus ne m’intéresse pas. Il y a plusieurs choses intéressantes dans ce style, mais en général ça ne vient pas me chercher. Je suis un grand nostalgique des années 80. Il y a Robert, le bassiste du groupe, qui se tient vraiment plus au courant que nous. Il écoute du Black Métal comme Dark Funeral, Marduk, Mayhem et aime beaucoup découvrir de nouveaux groupes. Il n’est pas vraiment accroché aux années 80 même si il « trippe » encore sur ses vieux groupes classiques. Pascal aime ce qui se fait actuellement, mais est moins porté sur les nouveautés que Robert. Il aime ses grands classiques comme Pantera, Black Sabbath, Iron Maiden, U2. Il aime aussi le Blues et toutes les musiques pour « brosser » (rire).

L'Édition Métallique : Un dernier commentaire à faire pour les fans de L'Édition Métallique qui ne connaissent pas encore Lying Truth ?

Patrick : On a hâte d’aller vous voir dans vos villes respectives. On planifie ça plus pour 2003, car il y a beaucoup de spectacles déjà planifiés jusqu'à maintenant, donc le moment est mal choisi. Après le studio, on va s’attaquer à vos villes. Venez nous voir! On va « tripper » avec vous!

Eric : On a hâte de se faire des nouveaux "chums". Venez voir du bon vieux Métal énergique! Venez signer notre livre d'invités sur http://dive.to/lyingtruth. Merci à L’Édition Métallique qui nous permet de nous exprimer et de montrer au monde que l’on fait partie de la scène Métallique québécoise!





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