L'Édition Métallique : Liva. Le milieu des médias tout entier - la presse traditionnelle, les radios libres, les magazines culturels - semble en avoir parlé, et pourtant... le 2 juin 2002, à la fin du Weekend Extrême, le nom de Liva irradie d'une lumière sans fin qui s'imprime aussitôt sur toutes les lèvres présentes. Pour les autres, tout n'est que pure mystification, même si LIVA existe depuis déjà plusieurs années. Mais enfin, une fois pour toutes, qu'est-ce donc que LIVA?
Liva : Liva c'est moi, compositeur, chanteur et guitariste et c'est aussi le groupe. J'ai donné mon nom de famille au groupe. Pendant plusieurs années de pratique musicale et de composition j'ai appris à écouter la musique qu'il y avait à l'intérieur de moi, à me situer versus la musique existant à l'extérieur de moi et j'ai réussi à m'exprimer à travers ce groupe de façon originale.
L'Édition Métallique : Sans vouloir officier dans le jeu de mot douteux, force m'est d'avouer que le mot LIVA me fait beaucoup penser à l'expression anglophone ALIVE. Y a-t-il un lien à faire? Que signifie LIVA, en réalité, dans sa langue d'origine?
Sébastien : Rien à voir avec cette expression. Liva est tout simplement le nom du fondateur du groupe et ce nom est d'origine italienne.
L'Édition Métallique : Quel est le propos qui se cache derrière l'art musical de Liva? Pouvons-nous aller au-delà de la musique et y découvrir un univers idéologique ou narratif tout-à-fait particulier? Ou préférez-vous livrer votre imaginaire tout entier par l'entremise de l'abstraction musicale?
Liva : Je ne suis pas un poète et il ne faut pas chercher trop loin. Les textes qui sont présentement au centre du travail pour le premier album sont celui d'un Requiem. Le mariage des textes en latin avec notre style musical est facile à travailler et du même coup, est à l'origine de l'inspiration du groupe. Cette fois-ci je me suis arrêté sur des textes sacrés, mais pour le futur, des textes profanes ont aussi attiré mon attention. Toutefois, je concentrerai ma recherche dans la poésie latine.
L'Édition Métallique : L'idée de chanter en latin m'apparaissant aussi intéressante que fort pertinent, je ne vous demanderai pas pourquoi avoir fait ce choix, mais plutôt, quelle impression cela vous fait-il de passer sur les ondes différentes radios - plus spécialement sur Bande À Part - en compagnie de formations locales (The Kingpins, Okoume, Penelope) totalement différentes de la vôtre, dans un désert entièrement non-métallique. Avez-vous rejoint un nouveau public grâce à ceci?
Le groupe : Nous voyons bien que notre musique atteint beaucoup de monde. Il sera intéressant de voir jusqu'où tout cela va aller. Avec la sortie de l'album complet nous pourrons mieux voir la portée de notre musique. En ce qui nous concerne, nous restons un groupe Métal. Dans le fait de chanter en latin, nous y voyons un pari que nous avons gagné. On n'a pas besoin de chanter en anglais ou en français pour se faire connaître.
L'Édition Métallique : Bien sûr, on dit de la musique de LIVA qu'elle se veut un mélange de musique Classique et de déchaînement Métallique. Pourtant, contrairement à plusieurs groupes se targuant de mélanger les styles, vous n'avez pas hésité à rejoindre ET les milieux métalliques ET les milieux classiques, donnant pour ce dernier un spectacle orchestral en compagnie de 13 musiciens classiques à la maison de la culture Frontenac (Montréal), le 8 mars 2002 dernier. Désirez-vous continuer à vous donner aux deux scènes musicales, ou cherchez-vous plutôt à rapprocher chacune d'elles?
Catherine Elvira : Ces deux réponses sont bonnes. Personnellement je travaille sur les deux scènes. Je prépare autant de spectacles comme chanteuse ou instrumentiste classique qu'avec Liva. Je travaillerai toujours la musique classique car cela répond à d'autres besoins et ce monde est un peu comme ma terre natale ; c'est là où ma vie musicale est née. Pour répondre à ta deuxième question, le fait de rapprocher les deux scènes n'était probablement pas prémédité. Nous faisons la musique qui correspond à notre image : des musiciens de formation classique qui aiment le métal, ça a donné cet hybride. Mais, si on peut défaire les préjugés concernant le Métal souvent considéré comme « pas de la musique »par les amateurs de musique dites « sérieuse » et donner le goût à d'autres musiciens de l'école Classique d'explorer d'autres sonorités (comme nous l'avons fait pour le spectacle à la Maison de la culture Frontenac), c'est super, mais ça n'est pas une mission.
L'Édition Métallique : Justement, hors de l'univers Métallique, quel événement (festival, fête, etc) aimeriez-vous le plus représenter à travers votre musique, si un membre de l'organisation de cet événement vous le proposait?
Le groupe : Le festival de musique actuelle de Victoriaville est un festival par qui nous aimerions être approché. Mais il faut aussi se tenir au courant des festivals hors Québec et hors Canada. Les festivals sont une bonne vitrine pour se faire connaître.
L'Édition Métallique : À l'opposé, quel(s) événement(s) de nature Métallique visez-vous dans vos projets futurs? Un festival, une tournée, un événement spécial? En tant que quatuor Métal ou en compagnie d'un orchestre classique semblable à celui que vous avez précédemment réuni? Peut-être un voyage en Europe, en Italie?
Le groupe : Bien sûr, une tournée est dans nos projets futurs. En quatuor c'est plus réaliste mais nous aimerions rendre viable le spectacle avec les musiciens classiques. Financièrement, c'est dur à supporter, mais s'il y a suffisamment de demande Pour en revenir aux tournées, plusieurs destinations sont intéressantes, mais l'Europe l'est plus particulièrement pour nous.
L'Édition Métallique : Deux d'entres les membres de LIVA, Pier Carlo Liva et Catherine Elvira Chartier, ont étudié en musique à l'Université de Sherbrooke. Pourquoi Sherbrooke? Pourquoi pas l'Université de Montréal, le Conservatoire, etc? Êtes-vous fiers de la région que vous habitez, l'Estrie, ou sentez-vous plutôt qu'elle a besoin d'un apport culturel de la trempe de LIVA? Avez-vous des projets spéciaux pour Sherbrooke et ses environs?
Catherine Elvira : À Sherbrooke, nous possédons une grande chaîne d'écoles à concentration « musique ». De l'école primaire à l'université. Par contre, on a travaillé fort pour avoir cette faculté de musique à l'université. C'est une histoire de plusieurs années, et on a bien failli la perdre il y a environ deux ans et demi. Malheureusement trop de musiciens s'exilent vers Montréal en pensant que plus gros c'est meilleur. Je réussi à vivre de la musique dans ma région alors que beaucoup de musiciens que je connais qui sont partis pour la gloire à Montréal sont revenus parce qu'ils crevaient de faim. Souvent, ils ont même abandonné la musique. Si on se tenait mieux entre nous et chez nous, on pourrait accomplir des grandes choses, il y a plein de bons musiciens chez nous.
Liva : En ce qui concerne les projets spéciaux pour Sherbrooke, nous avons décidé de faire le lancement de notre album avec les musiciens classiques qui ont fait le spectacle avec nous à la Maison de la culture Frontenac. Comme Sherbrooke connaît déjà amplement les pièces de cet album, puisque nous l'avons fait en spectacle depuis déjà deux ans avant de l'enregistrer, nous voulions offrir à nos fans sherbrookois un cadeau et leur présenter les arrangements orchestraux qu'ils n'ont pas eu la chance de voir "live".
L'Édition Métallique : Que prépare LIVA en ce moment? Un nouvel album, un vidéoclip, un DVD? Pouvons-nous attendre du groupe une nouveauté disponible en 2002? Avez-vous trouvé un distributeur ou une maison de disque?
Sébastien : Comme mentionné précédemment, nous faisons le lancement de notre album "Requiem" cette automne. L'album sera disponible en magasin dès la semaine du 29 octobre 2002 (au Canada, distribué par Outside) et le site internet fera son ouverture vers la fin du mois d'octobre. Le lancement de l'album se fera le 2 novembre au Zest à Montréal (avec Howling Syn et Moonlyght) et le 7 novembre, à 21h, au Granada à Sherbrooke. Lors du lancement à Sherbrooke, nous enregistrerons le concert dans le but de faire un enregistrement "live" audio ou visuel. Évidemment, cela dépendra de la qualité de l'enregistrement. Pour le moment, nous avons décidé de rester indépendants et de créer notre propre label "Stoke Records".
L'Édition Métallique : En quelques mots, comment tenteriez-vous de convaincre un accroc d'Heavy Metal, un puriste Death Métal et un fanatique de Black Métal de s'intéresser à la musique de LIVA? Où ces trois personnes peuvent-elles se renseigner davantage sur la formation et, idéalement, écouter quelques extraits ou chanson de l'album éponyme?
Simon : On ne peut pas convaincre quelqu'un à s'intéresser à notre musique. On ne peut que tenter de se faire découvrir par le biais des sites comme L'Édition Métallique, Bande-à-Part, notre site officiel (www.livaband.com), les spectacles, notre album et surtout le bouche à oreille.
L'Édition Métallique : En contrepartie, vous intéressez-vous à la scène locale? Quels sont les groupes qui vous ont le plus marqués?
Liva : Oui, nous nous y intéressons. Les groupes que nous avons trouvé particulièrement intéressants au Québec sont : TSPC, Voïvod, Grim Skunk, Ghoulunatics et Gorguts.
L'Édition Métallique : La Grande Question : Quel est l'Idéal, le But Ultime de LIVA?
Le groupe : Notre but principal est d'arriver à vivre uniquement de la musique et d'être reconnus pour la qualité de la musique que l'on fait. Si on est connu internationalement, tant mieux.
L'Édition Métallique : Pour terminer, voici notre classique : un dernier mot pour les maniaques, fanatiques, pouilleux, âmes-en-peines, revenants, mort-vivants et autres marginaux fréquentant L'Édition Métallique?
Simon : Surveillez l'arrivée de l'album "Requiem" la
semaine du 29 octobre, les émissions Métal à la radio ;
nous y serons peut-être en entrevue, tenez-vous au courant des spectacles
dans votre région, le site officiel du groupe (www.livaband.com)
est maintenant disponible et MERCI À TOUS CEUX QUI SUPPORTENT LIVA DEPUIS
PLUSIEURS ANNÉES.
Merci à tous les membres de LIVA pour cette entrevue!
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L'Édition Métallique 2002