Entrevue avec
ICEWIND
Réalisée par An Ocean Soul
C'est avec grand plaisir que j'acceptai l'invitation de
Icewind de faire une entrevue avec eux. J'arrivai à leur local peu avant leur
jam, et je les surprends à jouer au hockey sur leur Super Nintendo. Je décide
donc d'interrompre leur plaisir pour commencer l'entrevue avec les cinq membres
d'Icewind présents, Jay, Alex, Félix, Vinni et Steve. Tant pis pour Gabriel, les
absents ont toujours tort!
L'Édition Métallique: Vous venez de jouer votre premier concert
dimanche passé. Comment vous sentez-vous après cette expérience?
Félix: Moi je pense que je ne réalise pas encore tout à fait,
je suis peut-être encore trop fatigué. Dans une semaine, je vais sûrement réaliser
tout d'un coup " Wow, on a fait un concert! On l'a vraiment fait! "
Alex: Je pense que nous sommes tous bien fiers de ce que nous
avons accompli. C'était un processus qui a été étalé sur plusieurs mois, nous
avions la préparation du démo et en même temps la préparation du lancement. C'était
énormément de travail d'un coup, mais c'était en même temps beaucoup d'émotions
fortes en une seule soirée. C'était un moment spécial pour nous tous.
L'Édition Métallique: Surtout devant une salle pleine. Comment
vous sentez-vous de vous produire à guichets fermés à votre premier concert?
Alex: C'est excellent! Je pense qu'il y avait beaucoup de gens
qui croyaient en nous sans même avoir entendu notre matériel. Ça prouve que l'on
a déjà à la base une bonne base de fans et on espère que ça va continuer comme
cela.
L'Édition Métallique: Vous avez sûrement fait beaucoup de publicité
pour Icewind dans ce cas.
Jay: Nous avons beaucoup marché par Internet pour contacter les
médias et se faire des contacts dans le milieu si on peut dire. La Capitale du
Métal a affiché notre concert sur son site. Il y a peut-être des pourparlers pour
un concert à Québec, mais je préfère ne pas trop en dire pour l'instant puisque
ce n'est pas encore officiel. Nous avons des liens sur plusieurs sites officiels
de groupes un peu partout dans le monde comme Thy Majestie et Wizard. Nous avons
fait beaucoup de promotion pour se faire connaître un peu partout et ça porte
fruit tranquillement. On reçoit des e-mails de zines de Grèce par exemple qui
ont vu notre nom sur ces sites.
L'Édition Métallique: Vous dites que vous préparez d'autres concerts.
Avez-vous d'autres soirées de planifiées pour le lancement de votre démo?
Jay: Non, dimanche passé était vraiment le lancement officiel.
Maintenant, tout ce qu'on veut c'est se faire connaître en faisant des concerts.
Pas trop, nous ne voulons pas en faire un par semaine, mais disons un concert
par mois un peu partout à travers le Québec ça serait bien.
Alex: Nous sommes aussi conscients que pour notre premier concert,
nous avions bien organisé notre soirée. Nous nous étions arrangés avec les autres
groupes pour que, pour cette fois-ci, pour le lancement, nous serions la tête
d'affiche. Mais nous savons que pour les concerts qui viendront, ce sera surtout
du travail de première partie. Il s'agira de donner le même type de présentation,
aussi énergique, sans failles, mais dans un temps plus limité. Ce sera encore
plus d'efforts pour leur montrer de quoi est capable Icewind.
L'Édition Métallique: Quels seraient les groupes dans la scène
québécoise dont vous aimeriez faire la première partie?
Alex: Eh bien, je suis heureux que Celestial Dawn ait fait notre
première partie au lancement, et je crois que nous allons avoir à faire leur première
partie éventuellement. L'expérience avec ces gars là a été incroyable dimanche.
Ce sont vraiment des gars extrêmement gentils, très professionnels et ils ont
démontré énormément de respect à un groupe qui n'avait pas encore fait ses preuves
et ça, je trouve ça admirable. Je suis très fier d'avoir joué avec eux.
Jay: C'est sûr que la scène Power Métal québécoise est assez
restreinte. Il y a bien des groupes comme Forgotten Tales, Celestial Dawn, Southern
Cross…Hanker aussi, qui est très important. Je pense que si on pouvait jouer avec
un de ces groupes là, ça nous aiderait pas mal car ils ont déjà un bon bagage.
Vinni: Ça serait une excellente publicité pour le groupe de faire
un spectacle avec eux.
Félix: Le mélange des styles ne me dérange pas, je pense que
Unexpect est le groupe que je considère le plus prometteur au Québec. Ça serait
bien de jouer avec eux.
L'Édition Métallique: Quelles sont vos influences?
Félix: Je pense qu'on a tous des influences différentes. Nous
sommes tous parti de quelque chose de différent pour se rejoindre dans le Power
Métal. Je vais laisser les autres répondre à leur propre influence mais moi, personnellement,
j'ai commencé avec du Black Métal et je suis encore là dedans. Je ne sens pas
que j'ai trahi des intégrités en jouant du Power, mais c'est vraiment le Black
Métal qui m'inspire le plus.
Jay: Nous avons tous nos propres influences et c'est là que se
trouve l'originalité de notre son. Il y a des gens qui écoute du Progressif, du
Death, du Black. D'autres sont 100% Power comme moi. C'est ce qui met les petites
touches à notre son, des petits bouts que l'on peut reconnaître qui ont été pigés
dans d'autre style. Je pense que c'est bon pour un groupe de ne pas être borné
dans son propre style.
Alex: On ne peut pas dire qu'on est un groupe de Black ou de
Death, nous sommes un groupe de Power Métal, on ne se le cache pas. Mais il y
a tellement de bonnes choses qui se font dans d'autres chose que le Power Métal
et comme le dit Félix, ce n'est pas parce que tu joues du Power que tu ne peux
pas aller voir ce qu'il y a ailleurs. Du métal c'est du métal et je pense que
l'important, c'est l'esprit du métal, que l'on peut retrouver dans tous les styles
à la base.
L'Édition Métallique:
Comme je mentionnais, c'était le lancement de votre démo. Je n'ai pas encore eu
la chance de l'écouter donc si vous voulez m'en parler, me dire le travail et
l'histoire qui se cache derrière cet album.
Alex: Eh bien, nous considérons que c'est du bon travail qu'il y a là dessus! Du travail très exigeant du fait
que nous avons presque tout fait par nous-mêmes. Nous avons eu un peu d'aide du cousin à Jay, qui est formé en technique de son,
autrement ce fut vraiment enregistré par nos propres moyens. On s'est muni d'un mini studio maison.
L'Édition Métallique: C'est ça le fameux Pilgrim Studio?
Alex: Exactement!
Vinni: Nous avons acheté tout le matériel nous-mêmes pour pouvoir enregistrer notre démo. Nous avons débuté l'été
passé à peu près, le temps de monter le studio et de commencer à enregistrer par après.
Alex: L'idée derrière ça était que nous n'étions pas des musiciens formés de façon professionnelle et tout faire en
studio aurait probablement coûté très cher pour des gens sans expérience en studio. Je pense que nous étions mieux préparés à nous
enregistrer nous-même que d'aller en studio et de dépenser de l'argent inutilement parce que nous n'étions pas prêts. Au niveau de la
composition, c'est surtout Vincent et Jay qui se sont principalement occupés de cela. C'est une fois qu'ils se sont mit à composer du
matériel original que nous avons réalisé que nous avions peut-être ce qu'il faut pour faire du bon matériel pour éventuellement
produire un cd. Mais ils sont mieux placés que moi pour te parler de ça. (rires)
L'Édition Métallique: Donc, Vincent, Jay, vous êtes les principaux compositeurs, comment vous prenez-vous pour
monter une chanson?
Jay: Originellement, c'était Vincent qui lançait des idées. Nous composons principalement en format midi.
Beaucoup de gens trouvent cela ridicule mais nous, ça nous aide beaucoup, principalement parce que ça nous donne des tablatures pour
nous aider à pratiquer. C'est beaucoup plus facile comme ça que, par exemple, créer un riff dans sa tête et l'oublier après quelques
minutes. Vincent pose donc des idées sur notre logiciel… " secret " (rires). Par la suite, nous nous rencontrons, nous mettons tout
cela ensemble, on discute de l'orchestration et tout. Ensuite, quand la musique est prête, nous nous arrangeons avec le chanteur pour
des paroles. Il faut bien sûr que ça plaise à tout le monde quand on écrit quelque chose. Tout le groupe est le premier juge. Si
ça ne plait pas à quelqu'un, il le fait savoir et on travaille là dessus. On laisse tout le monde changer des trucs à sa façon. Par
exemple, nous composons une partition de basse pour Félix mais si il trouve quelque chose de mieux et que tout le monde approuve, nous
changeons un peu les choses.
Félix: Disons qu'en général, ça arrive plus souvent que je joue tout simplement le morceau dans le tapis! (rires)
Steve: Moi, quand je suis arrivé, tout le clavier était déjà composé. J'ai quand même rajouté quelques petites
touches à moi. Ce qui était bon, nous l'avons gardé.
Alex: Le principal avantage de notre procédure quand on compose est que c'est très facile de modifier par après.
Quand Steve est arrivé, toutes les compositions étaient déjà prêtes. Ce fut donc très facile pour lui d'apprendre les pièces car
elles étaient déjà écrites et en format facile à voir. Et pour Jay et Vinni, c'est bien plus facile car quand on fait jouer quelque
chose en midi, ça peut parfois sonner très bien, mais quand on essai de la jouer, c'est presque impossible ou encore ça sonne
étrange. C'est très facile avec les midis de retourner dans le programme et de changer des trucs.
L'Édition Métallique: Steve, tu es le nouvel arrivant du groupe. Comment as-tu connu Icewind?
Steve: Totallement par hasard! C'est grâce à l'Internet en fait. Je suis allé sur un site où j'ai recherché des
annonces comme " Cherchons claviériste " et j'ai étudié plusieurs annonces. J'étais sur le point d'abandonner quand, la dernière
annonce que j'ai vue était celle d'Icewind. J'ai reçu un téléphone de Jay le lendemain et il était intéressé à ce que je passe une
audition et ça a très bien marché. Ils m'ont présenté ce qu'ils avaient fait, le principal, et j'ai bien aimé ça.
L'Édition Métallique: Il n'y a pas eu de problème d'adaptation dans le groupe?
Steve: Un petit peu au début, la pression d'apprendre toutes les pièces assez rapidement. Mais j'y suis allé
graduellement et ça s'est très bien déroulé.
L'Édition Métallique: Étais-tu dans un autre groupe avant?
Steve: Non, jamais. Je jouais surtout seul. Je composais plus style classique, mais j'ai toujours aimé le métal
donc quand j'ai eu l'occasion de joindre un groupe de Power Métal, je me suis dit " Wow, c'est excellent ca! "
L'Édition Métallique: Pour les textes, c'est la chanteur Gabriel qui compose. Est-ce qu'il y a un thème principal ou
un message particulier que vous essayez de passer?
Jay: Il y en a bien sur plusieurs mais un qui revient souvent, je pense, est un message d'espoir. Ça peut paraître
cliché comme ça mais ça reste quand même important de se dire que malgré toutes les situations pénibles qu'on peut vivre dans la vie,
il faut continuer d'espérer et de foncer.
Félix: En général, j'aime beaucoup les paroles de Gab, il y a des belles métaphores. Mais parfois, je relis les
paroles deux mois après et je demande a Gab " Mais qu'est-ce que tu as écris là! " (Rires)
Alex: Nous avons demandé à Gabriel d'écrire les paroles puisque c'est lui qui va les chanter. C'est plus facile
alors de les chanter de manière plus personnelle et d'y mettre de l'émotion. Au début il a eu un peu de difficultés à trouver
les premières idées et c'est normal puisqu'il commençait tout juste à chanter et il n'avait pas vraiment d'expérience en écriture.
Ce fut un effort collectif pour les premières chansons. Ensuite Gabriel a prit de l'assurance et il fût plus en mesure d'écrire par
lui-même et de structurer ses propres paroles. Quand au message, comme Jay disait, c'est un message un peu classique mais en même
temps, ça revient a ce que je disais plus tôt. Le métal, c'est une question d'esprit, d'attitude et nous voulons communiquer ça.
C'est ça que les amateurs de métal aiment, c'est ça que l'on aime et c'est ça que l'on veut transmettre. Ce n'est pas une question
d'être cliché, ou encore de vendre des disques, c'est que nous, on ressent cet esprit là. Quand on écoute de la musique, c'est ça
qu'on recherche.
Jay: Il faut aussi lire entre les lignes. À première vue, si on prend par exemple la pièce Inner Storm, il est
décrit une tempête, ce qui est très cliché comme ça. Mais si on lit comme il faut, on voit que c'est une tempête qui se passe dans
la tête d'une personne et que la personne veut s'en sortir. Il ne faut pas s'arrêter au simple mot mais plutôt essayer de voir les
idées qu'il y a derrière ça.
Vinni: Les paroles de Gab sont bonnes pour cela, elles laissent beaucoup de place à l'interprétation. Chaque
personne peut trouver leurs propres idées dans les paroles.
Félix: Gab essaie d'expliquer des histoires, si on peut dire, par des images.
L'Édition Métallique: Comment vous vous situez par rapport à la scène Power Métal en général?
Félix: Quelle scène? (Rires)
Alex: Si tu veux parler d'influences des groupes, ça a toujours été quelque chose de bien difficile à dire car,
nous les premiers, nous nous sommes souvent posés la question : " À quoi que ça ressemble Icewind? ". Nous avons eu de longues
discussions là dessus, parfois même frôlant la philosophie, mais on ne l'a jamais vraiment trouvé à 100%. Nous sommes capable de
dire certaines influences, mais je pense que notre style va rejoindre certains aspects de différents groupes. Par exemple, j'ai
déjà dit que ça ressemblait un peu à du Nightwish. Pas en terme de son, mais plus du point de vue de la structure. Nightwish,
c'est de la musique d'émotion, de paroxysme, qui va chercher des hauts et des bas au cours d'une même pièce et je pense que l'on se
rapproche un peu de ça.
Jay: Je dirais que l'on ressemble à tout et à rien. On peut très bien voir nos influences au travers de nos pièces,
mais je ne crois pas qu'on puisse nous lier à un groupe en particulier. Nous avons entendu plusieurs trucs, comme par exemple que
l'on ressemble à Secret Sphere, ce que je ne pense pas vraiment. On nous a dit que l'on ressemble à du métal italien, ou à du métal
finlandais. On nous a dit que l'on était super original, et aussi que l'on ne réinventait rien.
Alex: Je crois que nous n'avons juste pas encore trouvé une réponse à cette question. On a notre style à nous,
inspiré de différentes sources.
Jay: En décomposant ça, on pourrait dire : du piano classique, des riffs de guitare allemands, un chanteur style
italien avec de la batterie et des solos finlandais.
Félix: Et une basse norvégienne! (rires)
Vinni: Pis tout cela donne du Power Métal Québécois!
L'Édition Métallique: Le groupe existe depuis combien de temps?
Jay: Depuis 2001 je dirais. Il ne reste que moi et Alex de la formation originale.
Alex: Quoiqu'en réalité on puisse dire que tous nos membres sont les membres originaux. Il n'y a que notre bassiste
que nous avons changé. Nous avons remplacé notre premier bassiste Gabriel Mailloux par Félix.
L'Édition Métallique: Et quelles sont vos visions pour le groupe?
Félix: Eh bien, je ne sais pas si c'est le rêve pour tout le groupe, mais pour moi et Gab, ce serait de faire le
Tokyodome. Notre but ultime ce serait cela! (rires)
Jay: Le but avant tout, c'est de se faire du plaisir en jouant de la musique. C'est trop dur de faire de l'argent
avec le métal. Si on pouvait vivre de ça, ce serait génial mais nous avons déjà fait une croix là-dessus tout de suite. Tout ce
qu'on veut, c'est faire des spectacles, faire vivre notre musique aux gens et se faire du plaisir en le faisant.
Vinni: Pouvoir partager le plaisir que l'on a en jouant. Et je crois que dimanche, ce fut une bonne réussite.
Nous étions heureux d'être sur scène et je crois que les gens ont eu du plaisir à nous entendre.
Alex: À ce sujet, je peux citer mon maintenant bon ami Chris de Celestial Dawn, avec qui j'ai eu amplement
l'occasion de jaser dimanche soir. Celestial Dawn est un groupe qui est actif depuis beaucoup plus longtemps que nous et lui-même
me disait : " Le jour où ça va devenir un boulot pour moi Celestial Dawn, je vais aller travailler dans un dépanneur. " Parce
que ce n'est pas ça la musique, ce n'est pas ça le métal. Le métal c'est de se faire du plaisir avant tout.
L'Édition Métallique: Merci bien pour ce temps que vous m'avez accordé. Est-ce que vous avez un dernier mot pour
les lecteurs et lectrices de l'Édition Métallique?
Jay: Ouais. Quand vous avez un but dans la vie, il ne faut pas lâcher pour réaliser ce que l'on a toujours voulu
faire. Peu importe si certains vous lancent des bâtons dans les roues, pilez leur dessus et foncez! Je ne suis sûrement pas le
premier à dire quelque chose du genre (rires).
Pour visiter le site d'Icewind : http://www.icewind.ca/
Pour voir la critique du démo de Icewind - Inner Storm: http://www.metalzine.com/critiques/icewind_fra.html
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L'Édition Métallique 2005