Entrevue avec John, drummer de Cephalic Carnage
Réalisée par Frankster aux Foufs pendant la tournée Death Across America 2000
( Oui, oui, je le sais, ça fait vraiment longtemps…)

Cephalic Carnage, au cas où vous ne les connaîtriez pas, jouent de l’excellent mosh/grind/jazz. Assez particulier comme musique, mais très efficace. Leur album Exploiting Dysfonction fut l’un des meilleurs de l’année 2000, apportant un vent de fraîcheur dans une scène saturée de clones et de groupes congelés pour micro-ondes. Ajoutez à ça une des meilleures présences sur scène que j’aie vues jusqu’à présent et deux « shows » aux Foufs la même année, Cephalic Carnage est définitivement un nom à retenir.

ÉM : Salut, man! C’est la deuxième fois en 3 mois que vous venez ici et c’est pas mal cool de vous revoir!

John : Ouais, on est content d’être de retour. On n’était pas sûr de quand on allait pouvoir revenir, parce qu’on ne savait pas qu’on allait faire cette tournée. On est content d’être là parce que la dernière fois, c’était assez merdique…

ÉM : Ha! Ha! C’est ce que j’allais te demander, comment tu avais trouvé la première tournée?

John : Quand on a joué à Montréal, c’était assez « fucked up »…

ÉM : Vous avez seulement joué environ 20 minutes, je crois…

John : De 15 à 20 minutes, tout « squeezé » à la fin. Et on a eu des problèmes à traverser la frontière, ça nous a coûté cher et on a perdu pas mal de temps. On est arrivé en retard pour le show et on avait perdu un des membres du groupe pendant un certain temps. C’est pourquoi notre set a été si court, mais l’expérience était bien et la réponse fut bonne, c’était «kick ass ».

ÉM : Vous avez joué à Milwaukee, cette année : ce devait vraiment être un bon show…

John : Oui, je crois que c’est la cinquième année d’affilée qu’on y joue et la réponse est toujours bonne à Milwaukee. On a joué le vendredi soir, par contre, et c’était un peu différent. D’habitude il y plus de monde le samedi, mais c’était quand même bon.

ÉM : J’ai entendu dire que c’était tellement plein qu’il y avait du monde qui n’ont pas pu entrer.

John : Ouais, on jouait en haut sur la scène Relapse et ce n’est pas très grand. C’était assez rempli.

ÉM : Comment êtes-vous atterris sur Relapse? Les avez-vous approchés ou…

John : Au Milwaukee Metalfest, c’est eux qui nous ont approchés. Notre premier disque est sorti juste avant le festival en ’98 et ils en ont eu une copie quelques jours avant. Ils nous ont parlé au show, disant qu’ils aimaient ça et que c’était psychopathe. Et on s’est arrêté à leur bureau pendant notre tournée et on a parlé de faire un 7’’. Puis on a continué à faire nos trucs et, pendant le Ohio Fest en ’99, ils nous ont approchés pour signer un contrat avec eux.

ÉM : C’est vraiment cool, Relapse est tout de même une grosse étiquette pour le grind…

John : Pour sûr, on est très content d’être avec eux…

ÉM : Dis-moi, qui écrit les tunes, comment vous procédez pour assembler des tunes si compliquées?

John : On écrit tous ensemble. Si quelqu’un a une idée, il l’apporte aux pratiques et ça évolue, tout le monde y met sa touche personnelle. En général, on s’assit, on se gèle et on jam. Puis si on trouve que quelque chose est cool, on l’inclut comme segment de tune. Puis on change si on n’aime pas pendant un mois ou deux de pratique. On essaie de jouer une tune pendant au moins six mois avant d’avoir exactement ce qu’on veut et de l’enregistrer sur bande.

ÉM : Quelles sont vos principales influences? Viennent-elles de différents styles musicaux?

John : Chacun de nous individuellement écoute des styles différents des autres. Collectivement, nous écoutons à peu près tous les styles de musique existants. Alors, on a des influences de presque tout.

ÉM : J’entends entre autres une grosse influence de jazz dans votre musique, spécialement dans la percussion…

John : Oh oui, je suis définitivement dans le jazz. J’aime tout ce qui est fait par les bons batteurs et il y en beaucoup dans le death metal alors…J’ai joué pas mal de jazz et de blues et j’essaie d’inclure tout ça dans le death. Depuis que j’ai commencé à jouer il y a quelques années, je me suis intéressé aux autres styles, ça m’aide à rester frais et à ne pas faire toujours la même chose. On essaie de créer quelque chose de nouveau et d’être unique.

ÉM : Qu’est-ce que tu écoutes présentement?

John : Depuis qu’on est en tournée, j’ai eu tellement de nouveaux albums…J’écoute pas mal de hardcore dernièrement, comme Vision Of Disorder, Hatebreed, Strech Armstrong, Embodiment, plein de trucs dans la lignée hardcore. Des trucs agressifs, mais dans une autre veine que le death metal. J’ai toujours été dans le death metal et je viens juste de découvrir le hardcore, alors ça m’intéresse pas mal de voir les deux combinés ensemble. C’est une musique plus directe et agressive. On aimerait bien tourner avec des groupes hardcore l’année prochaine. On a fait une semaine avec The Dilinger Escape Plan et c’était vraiment cool. On s’entendait bien. Ils sont très bon live, ils repoussent les limites et ils nous inspirent beaucoup. On les regardait jouer et on se sentait intimidé. C’est plus un groupe straight edge dans la veine hardcore et … on a fait une semaine avec eux et c’était cool, parce qu’ils nous ont acceptés parce qu’on est des total potteux et ils disaient, on aime pas vraiment le pot, mais si c’est ce qui vous rend créatifs, allez-y fort. Ce serait bien de rallier les deux scènes ensemble. Il y a de plus en plus de groupes hybrides comme The Dilinger Escape Plan qui touchent aux deux et … il faut être expérimental.

ÉM : J’aimerais parler des paroles, mais tu m’as dit qu’il serait mieux de parler à Lenzig pour le contenu. Dis-moi :est-ce que les paroles sont écrites avant ou après la musique?

John : Pendant l’enregistrement, il était assis dans la pièce d’à côté pour écrire. Il travaille beaucoup avec les parties de batterie. Pendant les pratiques, il ne chante pas les mots, il calcule les patterns dans sa tête et ensuite, il s’assure de trouver tous les mots pour que ça fit. Certaines tunes étaient déjà prêtes avant, alors qu’il en a écrites d’autres en même temps que l’enregistrement. Généralement, les histoires finales sont écrites à la fin.

ÉM : Dis-moi : qu’est-ce qui se passe avec le gars sur le répondeur qu’on entend sur votre album?

John : C’étais un gars de Milwaukee qui avait commandé notre disque alors qu’on n’en avait pas de disponible sur le moment. Il a appelé et rappelé sans cesse laissant tous ces messages sur le répondeur. Il était très frustré, mais à la fin il est devenu cool. On lui a expliqué qu’on ne voulait pas le fourrer et qu’on lui en enverrait un dès qu’on l’aurait. On a compilé ça sur bande et on a décidé de l’inclure sur l’album. Il a un bon sens de l’humour, alors ça ne le dérange pas.

ÉM : Qu’est-ce que tu penses des bars comme ici qui ne laissent pas le monde fumer du pot en regardant les shows?

John : On est tous d’avis que ça devrait être légal partout. Ici, c’est déjà pas mal plus relax qu’aux États-Unis. Il y a des gens qui fument ici et un peu partout autour du club.

ÉM : Oui, on peut quand même fumer sur la rue quand il n’y a pas de police autour.

John : Aux États, dans certains états, c’est la tolérance zéro. Alors si tu dis à un flic que tu fumes du pot, tu peux aller en prison pour dix ans. Quelques états comme le Colorado et la Californie sont moins sévères. Nous sommes totalement pour la légalisation. Si tu regardes toutes les drogues qu’il y a sur le marché de nos jours, il est évident que le pot est la plus douce. Personne ne va fumer une cinq et va ensuite aller battre sa femme ou bien tuer une famille de six sur la route en conduisant saoul!! Et ça, c’est une drogue qui est légale (l’alcool).

ÉM : Oui, c’est vraiment stupide…

John : C’est la façon que c’est faiT. C’est la façon que la politique est faite. Mais j’aimerais voir ça au moins une fois dans ma vie. Un monde libre de fumer. Aller au restaurant et s’allumer un joint après son repas. Aller dans un bar, boire quelques bières et puis fumer un joint. Aller au dépanneur et pouvoir s’acheter un putain de paquet de joints. Et il pourrait y avoir différentes sortes de pot pour faire changement, ça serait vraiment bon!!

ÉM : Quel est votre position face aux drogues plus dures??

John : Aucun de nous ne touche à rien, à part le pot et le mush. On veut rester avec ce qui est naturel. On a déjà trippé sur l’acide, mais pour ce qui est du reste, on ne touche à rien de plus dur que ça. C’est une bonne chose que ça reste illégal, parce que c’est le genre de drogue qui cause des problèmes.

Kevin ( le drummer de Dying Fetus qui passait par là) : Ne l’écoute pas, en fait, il fait de l’héroine…

HAHAHAHA (rire général)

ÉM : Ouais, c’est pas mal tout… Est-ce t’as des commentaires pour vos fans francophones??

John : Smoke, grind and … fucking keep it sick and brutal!! Merci pour votre support. La réponse fut bonne chaque fois qu’on est venu ici alors c’est sûr qu’on va revenir.

J’ai ensuite voulu parler à Lenzig pour ses lyrics, mais il n’étais pas très jasant ce soir-là. Il avait très mal à la gorge et il était entièrement concentré dans l’égrainage d’un buds géant alors je l’ai laissé tranquille…





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