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Par
Nikalakon |
Power of the Dragonflame terminait, il y a deux ans déjà, l'époque de la saga qui avait propulsé Rhapsody dans les hautes sphères du Power métal, celle de l'Épée d'émeraude. Deux ans où les amateurs se questionnaient sur ce que Rhapsody allait produire. Plusieurs parlaient de changements de style alors que d'autres réclamaient haut et fort les bons vieux rythmes des débuts, ces rythmes accrocheurs, mais un peu moins techniques. Symphony of Enchanted Lands II est finalement sorti et semble accommoder un peu tout le monde. Bien sûr les changements ne sont pas radicaux. Ceux qui les exigeaient à tout prix et qui voulaient un Rhapsody sans fantaisies typiques ou même encore un Rhapsody Black métal n'ont qu'à aller écouter d'autres groupes qui vont les satisfaire davantage. Pourquoi Rhapsody abandonnerait un concept qui marche, qui plaît et, disons-le, qui rapporte? Symphony of Enchanted Lands II apporte toutefois son lot de changements et de plus, ceux qui les connaissent depuis les débuts verront un petit retour à l'origine. Ce retour n'est évidemment pas radical comme l'auraient peut-être voulus certains nostalgiques, mais il va chercher la passion qui, à mon avis, avait été un peu perdue lors des derniers albums.
On a affaire avec The Dark Secret à un album bien rempli qui tient en haleine du début à la fin, soit 72 minutes. Ces 72 minutes sont supportées par un orchestre symphonique, un chœur de voix et différents solistes, ce que Rhapsody n'avait jamais expérimenté auparavant. Déjà là, c'est un changement important et on s'en aperçoit dès la première chanson. En effet, à l'inverse du premier Symphony of Enchanted Lands, celui-ci est beaucoup plus orchestral et les chœurs ont un rôle majeur. Ce changement s'est toutefois fait au détriment de la symphonie, elle qui avait d'ailleurs déjà été quelque peu délaissée lors des dernières parution au profit de la technicité. Cette fois-ci encore, on a préféré expérimenter d'autres univers plutôt que de revenir à cette symphonie qui caractérisait le premier SOEL. L'orchestration et les choeurs ont aussi remplacé les petits rythmes classiques typiquement vivaldiens pour ne laisser qu'une impression de grandeur. Le meilleur terme qui caractérise cet album est d'ailleurs celui de grandiose. Ceci étant dit, on doit alors dire adieu aux petits rythmes simples et accrocheurs des débuts. Ici, chaque morceau semble avoir été créé de toutes pièces pour construire une ambiance calculée où se mêlent mélodies médiévales, orchestration magnifique et choeurs grandioses. Avec Christopher Lee comme narrateur, le summum est atteint: l'album est un véritable petit bijou musical dont rien n'a été oublié. Les deux années de production n'auront donc pas été vaines et SPV, le nouveau label peut se féliciter de sa production. L'ambiance musicale est tout simplement parfaite. Le seul point faible, ce sont les balades. Elles ne semblent pas entrer dans cette atmosphère de grandeur créée par l'album et, bien qu'elles soient des pièces respectables, elles se mêlent difficilement au reste de l'album. On a comme l'impression qu'elles ont été rajoutées à la toute fin, question de calmer le débit rapide et entraînant de l'album. Il est vrai que sans elles, l'album aurait semblé un peu lourd et surchargé mais malgré leur rôle crucial, elles ne sont tout simplement pas à la hauteur. Dommage.
Si la saga de l'Épée d'émeraude est terminée, Luca Turilli n'a pas abandonné pour autant ses textes fantastiques avec des démons maléfiques et un héros glorieux. De ce côté-là, rien n'a changé, l'histoire reste typiquement dans le, pardonnez-moi l'expression, cheesy. Malgré tout, les textes vont rudement bien avec la musique et pour cela, chapeau à M. Turilli. Les paroles ne sont pas lancées en l'air que pour donner un look fantastique à l'album. Le trio Turilli-Staropolli-Lione reste sans contredit le maître du genre.
En conclusion, il est vrai que les critiques pullulent contre ce nouvel opus de Rhapsody pour différentes raisons (la plupart étant que certains amateurs sont saturés du style et en veulent au groupe) mais objectivement, c'est un album mature avec une production parfaite et des riffs qui plairont aux vieux fans de par leurs mélodies typiques, comme aux plus récents de par leur mise en scène. Comme Symphony of Enchanted Land nous avait accrochés autrefois en nous lançant dans le power symphonique, le numéro deux saura sans contredit accrocher les nouveaux petits amateurs en les lançant cette fois-ci dans le power orchestralement grandiose.

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