Aphasia - Arcane in Thalassa
Aphasia - Arcane in Thalassa
Par Empereur Ghoule

Paradoxe, quand tu nous tiens.

Décidément, la vie de critique, même si elle ne requière pas l'intensité du créateur et de l'artiste, ne saurait en aucun cas être facile. À chaque jour confronté à davantage de tournants culturels inattendus, l'ombre du journaliste hésite souvent entre le dévouement le plus total et émotionnel - cause d'un retour souvent acide de la part des artistes et particuliers - et une forme d'objectivité typiquement glaciale, peu appréciée des lecteurs, qu'ils soient assidus ou occasionnels.

Et me voilà à présent confronté à un paradoxe capable de me faire douter de moi-même, de mon objectivité, de ma subjectivité propre.

Plus simplement : j'ai adoré "Arcane In Thalassa", premier album officiel d'Aphasia, tout autant que je l'ai détesté.

Imaginez alors que vous avez décidé de faire la critique d'un album semblable.

Afin de me donner une chance d'entrevoir un résultat palpable après plus d'un mois et demi de réflexion, j'ai donc décidé de prendre exemple sur nos vaillants cousins d'X-Trem et de fait d'exclure la question de la notation, pour cet album. Comment pourrais-je accorder un pointage à une oeuvre qui m'apparaît le matin excellente, le midi intéressante et le soir agressante et vice-versa?

Mais que possède donc "Arcane In Thalassa" pour déstabiliser ainsi mon sens critique? Survolée rapidement, l'oeuvre en question n'apparaît pas outre-mesure dérangeante : accords et airs de guitares mélodiques, changements de tempo agréables, musique basée sur une structure non-répétitive, etc... mais la voix.

La Voix.

Comment Stéphane Houle, chanteur d'Aphasia, parvient-il simplement à s'endurer crier ainsi?! Le désespoir ne le submerge-t-il donc pas complètement? Moi si, du moins lorsque je l'entends déverser ses tripes sur "Cries From Despair" et "L'Absolu Ment". Sérieusement, jamais je ne me suis sentit aussi mal-à-l'aise auparavant à l'écoute d'une chanson issue de l'univers métallique. Peut-être suis-je le seul à percevoir ceci de cette façon, mais enfin, disons simplement que le genre de cris qu'Houle utilisent me glacent le coeur bien plus ceux de n'importe quel autre chanteur que je connaisse (notez donc au passage que mon répertoire musical est malheureusement limité).

En fait, habituellement, une sensation de bien-être accompagne mes séances d'écoute musicales - du moins celles baignées de sonorités métalliques -, que ce soit la voix de Fabio Lione (Rhapsody, Labyrinth) ou celle d'Isahn (Emperor, Peccatum) qui résonne dans mes haut-parleurs. Le Black vocalisé me rassure, m'énergise, le Death me rend plus agressif, expressif et le Power me pousse vers les horizons d'une gloire aussi puissante qu'imaginaire. Même le Doom/Gothic (style Katatonia post-Brave Murder Day) me remonte le moral et pompe un peu de vivacité dans mes veines, aussi contradictoire que cette affirmation puisse sembler en surface.

La voix de Stéphane Houle, elle, me plonge dans d'insondables abîmes de pure stupéfaction quasi-catatonique. Enfin, disons que j'exagère quelque peu... ce phénomène de " La Voix Qui Tue " échappe aux chansons "Beyond The Infinite Horizon", "Passion Of Time" et "Learning From The Unknown Image", celles-ci m'apparaissant plus légères puisque souvent aérées au niveau vocal, moins chargées quoi. Ces dernières révèlent d'ailleurs un talent de composition musical supérieur, selon moi (spécifions : selon un inculte avoué en la matière...), puisque truffées de variations de tempos, de changements électriques-acoustiques, de pauses vocales (justement) et de développements musicaux non-répétitifs.

"Devastating Wind" oeuvre aussi un peu dans la même veine que les deux compositions mentionnées ci-haut, mais elle comme "Merging Process" me semblent malgré tout très lourdes lorsque l'impact de la voix est pris en considération.

Qu'à cela ne tienne, considérations vocales exclues, la musique demeure en elle-même extrêmement mélodique et inspirée, voire même parfois entraînante. Celle-ci gagnerait toutefois à illustrer davantage son propos (spiritualité non-religieuse, philosophie et amour de la nature) par une augmentation du temps alloué aux passages acoustiques ou bruités, à travers l'insertion d'éléments sonores représentant la nature, ainsi que par l'utilisation de bruits étranges capable d'accroître l'importance du côté mystique.

Tout ceci m'apparaît d'une certaine importance, étant donnée la qualité indéniable des textes/paroles rédigées par Stéphane, qualité qui demeure plus souvent qu'autrement inaperçue ou, plutôt, défigurée par la transition papier-musique. Transposés d'une manière autre, en entier ou certains passages seulement, les mots décrivant les sortilèges de la mer (traduction forcée de "Arcane In Thalassa", ce dernier lieu représentant la " mer " en grec ainsi qu'une plage grecque portant ce même nom) pourraient justement évoquer tout le mystère et la puissance de celle-ci.

Évidemment, ici parle un amoureux de la narration et scénarisation sonore. Les amateurs de musique pure à 100% ne me rejoindront donc pas là-dessus, trouvant plutôt leur compte dans le déchaînement Aphasien actuel. À ce niveau, le Black/Death que livre le groupe résonne autant du côté qualitatif que de celui de l'authenticité. Les détracteurs de mélodies-recettes à la Dimmu Borgir ("Enthrone Darkness Triumphant") seront donc satisfaits : ici se trouve leur salut.

Spécifions d'autant plus qu'Aphasia ne se confine pas dans un créneau ou dans l'autre. Absents les corpsepaints de Black, exit les effusions de sang du Death, ici tout n'est que musique. Et sur photo, toute la vérité, rien que la vérité. S'affichant selon leur quotidien, portant leurs vêtements de tous les jours et démontrant une attitude positive, les trois musiciens capturés sur pellicule exposent sans aucun doute les qualités qu'ils véhiculent auprès de leur public : simplicité, franchise et chaleur humaine.

Tout ceci ne m'offrant pas davantage de piste de solutions sur la question "Arcane In Thalassia"-ienne, je me dois donc de conclure ce semblant de critique en queue de poisson. Que penser de cet album, me demandez-vous? Eh bien, comme je préfère que vous vous fassiez votre propre idée du disque, je vous enverrai donc directement au site web du groupe (http://listen.to/aphasia) où se trouvent les MP3s nécessaires au développement de votre connaissance de celui-ci. Sachez cependant que, il y a environ deux mois, on m'annonçait que 700 métalleux avaient déjà mis la main sur le disque, 500 de ces copies ayant été vendues en un mois par Grind It! records. À vous de juger, donc...

P.S. : Bien que je semble illustrer Dimmu Borgir sous un angle négatif ci-haut, ce groupe produit en réalité une musique que j'apprécie personnellement.


Black Metal



Aphasia - Beyond the Infinite Horizon
par Phildark

Au Québec, on retrouve plusieurs groupes de Death Metal ! L'invasion et l'influence de Suffocation, Cannibal Corpse et bien d'autres est assez omniprésente depuis un certains temps. Par contre, il y a certains groupes comme APHASIA qui puise leur source d'influence dans le Black, un style plus européen avec des mélodies agressives. Le groupe est composé de Stéphane Houle à la voix (aiguë) / guitare, Jean-François Girard à la voix (grave) / basse et pour terminer Ugo Bossé au drums (très bon en passant), à vrai dire le son du drums est percutant et énergétique, on ressent très bien la rage et l'agressivité du drummer. C'est ''Live'' et en bon québécois ''ca bûche en crisse''. Pour un premier effort, la production est très bonne (un gros bravo à J.F. Dagenais du studio Peter Pan) et les deux voix se complètent avec efficacité et rigueur, l'une très aigu à la DISSECTION et l'autre plutôt Grave dans le genre AMORPHIS. Et je dois avouer que j'avais vu APHASIA en spectacle avant et ca m'avait laissé un peu indifférent, mais quand j'ai entendu - Beyond the infinite Horizon, j'ai vraiment été impressionné par la qualité des compositions. Les chansons sont quand même longues, mais on a pas l'impression, ca coule très bien. Je suggère fortement cet album aux fans de Black et aussi de Death. De plus, ils ont besoin de votre support pour sortir un deuxième album, donc une autre bonne raison pour les encourager.

9/10

Black Metal



© Tous droits réservés
L'Édition Métallique 2001
Ce site est optimal avec Internet Explorer 6.0
Pas avec Netscape.