Revue du spectacle de Zao, Devildriver, Trivium et In flames
Le 10 Février 2006, au Harpos (Detroit)
Par Rob Factory
Le timbre cillant des amplificateurs encore dans ma tête, je m'assois et me remémore tout ce que je viens de vivre. De 19h à 1h30 je me suis tenu au centre d'un parterre, thrashant devant quelques uns des plus grands groupes Heavy Métal de l'heure.
Au fin fond de la ville de Detroit se trouve une vieille salle de concert qui a accueilli au fil des ans des groupes légendaires. De Iron Maiden à Metallica, Harpos a tout vu et tout entendu. Ce soir cependant, c'était une occasion spéciale. C'était la première fois que je me retrouvais dans cette salle. J'étais un peu tendu: Harpos n'est pas situé dans une petite banlieue tranquille comme le Royal Oak Theater, ou même près de la frontière américaine. Non, Harpos à l'inconvénient d'être situé au centre de l'un des quartiers les plus rudes de Détroit.
C'est donc avec cette idée en tête que j'ai réuni un groupe de copains et quitté la sécurité de ma demeure. Kyle, Mark, Brian et moi s'entassèrent dans la Saturn de Brian et partirent vers les États-Unis. Vers 17h30, nos estomacs crièrent famine, nous dûmes donc faire un arrêt d'urgence. Un McDonald's, six croquettes de poulet, une frite et un thé glacé médium plus tard et nous étions déjà repartis.
La frontière n'était pas trop achalandée, par chance. Normalement, il faut plus d'une demi-heure pour passer les douanes mais pas cette nuit. Rien ne pouvait nous empêcher d'atteindre le Harpos. Une fois en territoire américain, nous dûmes montrer nos certificats de naissance et déclarer pourquoi nous désirions traverser la frontière. La garde était une gentille jeune femme qui semblait apprécier le Heavy Métal, et donc elle nous laissa passer sans problème. Les autoroutes américaines sont cependant très difficiles à naviguer. Nous nous sommes retrouvés dans un grand cercle sans fin avant que nous ne comprenions ce qui arrivait.
À notre arrivée au Harpos, nous avons découvert que Détroit adore In Flames. La file d'attente s'étirait au-delà du bloc. Il devait y avoir plus de 1000 personnes en ligne dans le froid. Les portes ouvrirent un peu plus tard que prévu, mais nous entrâmes sans y penser.
Les deux premiers groupes étaient des groupes locaux. Dans l'ensemble, ni l'un ni l'autre n'avaient quoi que ce soit de particulier. Le premier groupe était plus hardcore. Il était constitué de trois membres, un guitariste, un bassiste et un batteur vocaliste, ce que j'ai trouvé impressionnant. Ils n'ont joué que quatre pièces, mais personne dans la foule n'en semblait trop déçu. Le second groupe semblait annoncer quelque chose de particulier, mais encore une fois, ce groupe laissa la foule de glace, figée sur les sièges et à essayer de comprendre ce que " grindcore " pouvait signifier.
Finalement, vers 19h, Zao, de Pittsburgh, Pennsylvanie, est monté sur la scène. Avant cette soirée, je n'avais jamais entendu ne serait-ce qu'une note de ce groupe. J'ai donc écouté leur prestation sans espoirs ni attentes de quoi que ce soit. À leur première pièce, nous avons trouvé un siège, et nous avons décidé de s'asseoir pour ce groupe. Le vocal était horrible. Je ne comprends pas pourquoi tous les groupes de nos jours ressentent le besoin du hurler. Ça ne fait pas de sens pour moi. Nous avons passé toute la performance de Zao assis.
Après un peu de discussion, nous avons décidé de nous rapprocher de la scène pour entendre Devildriver de près. Ils ont totalement renversé la foule qui ne s'attendait probablement pas à tant de ce groupe. Le vocaliste du groupe Dez Farfara a toujours été l'un de mes préférés. Sa voix est très étrange et agressive. Il a passé une bonne partie de la soirée à vanter les mérites du département de police de Détroit. Je crois qu'il fait cela à tous les endroits qu'il visite, quoique je ne puisse en être certain. Leur performance était impeccable d'un bout à l'autre. De plus, ils enregistraient apparemment ce concert pour un DVD, donc il est possible que, dans le futur, on me retrouve sur ce DVD.
Trivium est ensuite monté sur scène et s'est montré sans pitié. Il faut garder en tête que je déteste ce groupe, et malgré cela, ils furent excellents. Avec chaque guitariste jouant des guitares signatures Dimebag, le chanteur/guitariste Matt Heafy a déclaré que ce concert était dédié à Dime et Rita. Au milieu de leur prestation, nous eûmes droit à des reprises de Damnation et Walk, ce qui rendit la foule complètement folle. Bien que je n'aime pas l'admettre, Trivium sera très gros un jour. Ils ont le talent et sont excellents sur scène.
Finalement, ce fut le temps pour In Flames de Suède. Il y eu un gros débat dans la foule sur quel serait le pièce d'ouverture. La plupart des avis allaient en faveur de Cloud Connected. Toutefois, le groupe a commencé, à la grande surprise de tous, par une version dévastatrice de FRIENDS. Le chanteur Anders Friden a su garder l'attention de la foule durant tout le temps de leur présence sur la scène. Il a ce charisme et ce contact avec la foule qui est si rare et pourtant essentiel pour un bon frontman. Les guitaristes Bjorn Gelotte et Jesper Stromblad étaient en feu durant toute la soirée. Bjorn jouait sur une Gibson Les Paul et Jesper sur une ESP explorer. Durant la soirée, Anders remarqua une affiche offrant 2$ pour que le groupe joue Jotun. Ils acceptèrent l'offre et jouèrent la pièce. Lorsque Jotun fut terminée, le fan fut amené sur la scène et Anders lui demanda de chanter avec lui la prochaine chanson, Bullet Ride. Il fut en fait totalement horrible mais ce fut une expérience unique et particulièrement amusante pour la foule. In Flames conclut cette soirée inoubliable par des classiques comme Cloud Connected, The Quiet Place et My Sweet Shadow.
Ce concert était excellent. Si vous êtes un amateur de In Flames, cela vaut la peine d'aller les voir sur scène. Leur performance est solide d'un bout à l'autre. Ceci était ma première revue de concert, et j'espère que vous avez apprécié l'expérience autant que moi.
©
Tous droits réservés
L'Édition Métallique 2006