Revue du spectacle de Children of Bodom, Amon Amarth, Gojira et Sanctity
Le 18 Décembre 2006, au Métropolis (Montréal)
Par Dark and Lovely


Le 18 décembre 2006, le Métropolis accueillit Sanctity (USA), Gojira (France), Amon Amarth (Suède) et Children of Bodom (Finlande). La salle était à craquer, remplie majoritairement de fans dévoués à Amon Amarth et à Children of Bodom. Heureusement, pour ceux qui n'avaient pas réussi à s'acheter le billet, un autre show fut planifié le 19 décembre 2006.

Sanctity fit une entrée sur scène comblée de présence, d'énergie et de gaieté. Ce groupe de la Caroline du Nord s'est avéré intéressant et remarquablement dynamique. Le headbanging énergique des cheveux rouges du chanteur-guitariste était assez éblouissant et plusieurs spectateurs ont suivi son exemple. Toutefois, malgré l'énergie qui se dégageait de la scène, après les premières chansons qui étaient certes très bonnes -une sorte de Metallica couplée à des riffs mélodiques rapides ressemblant à ceux de Children of Bodom- le style du groupe devint répétitif. De plus, la voix un peu rauque et intimidante du chanteur se transformait de temps en temps en un chant clair et innocent, ce qui cassait l'ambiance heavy et puissante créée au départ. Malgré cela, la foule thrashait pas mal, et le public semblait vraiment apprécier ce band heavy métal mélodieux.

La gaieté de Sanctity fut brisée par les grimaces et les regards autoritaires de Gojira, le deuxième groupe de la soirée. Caractérisé par une attitude sombre et révoltée sur scène, Gojira est un groupe engagé qui interpelle des actions pour protéger la planète et faire réagir la société moderne. Ce message fut d'ailleurs transmis à travers leur musique grave et peu mélodique ainsi que leur comportement irrité sur scène. L'authenticité de ce groupe reposa sur des rythmes de riffs de guitare et de batterie originaux. En effet, Gojira interpréta un métal parfois lent et lourd qui nous fit ressentir la gravité, avec des riffs à rythmes rapides et complexes, nous amenant brusquement en apesanteur. Le thrash de la foule a d'ailleurs été déstabilisé pendant les premières minutes du show, puisque les contres temps et les variations de rythmes étaient fréquents. Gojira est sans doute un des groupes les plus extrêmes du métal français dont le talent est remarquable.

Vint ensuite l'un des groupes les plus attendus de la soirée : Amon Amarth. Ces vikings ont fait, comme d'habitude, une performance remplie de force et d'énergie. Le Métropolis a sûrement ressenti la puissance du marteau de Thor! Obéissant aux demandes du chanteur, la foule grogna longuement pendant le show, les cris faisant vibrer la salle. Nous avons eu droit à leurs meilleurs succès des albums passés ainsi qu'à des chansons de leur nouvel album. Amon Amarth a exprimé son plaisir de jouer à Montréal, un de leurs premiers shows de tournée ayant eu lieu aux Foufounes Électriques. Le public montréalais constitue de ce fait un de leurs meilleurs souvenirs. Leur concert s'est terminé avec Pursuit of the Vikings, ce qui excita plusieurs d'entre nous, qui avons fini avec des battements de cœur redoublés.

Après Amon Amarth, l'excitation ne fut pas diminuée puisque le public attendait avec impatience Children of Bodom qui, après quatorze mois de tournée, décida de faire ses deux derniers concerts à Montréal. Le début du show fut annoncé par la chanson " They're coming to take me away Ha-Ha! ". Cette toune est d'ailleurs la même qu'ils ont utilisée à maintes reprises pour introduire leurs shows précédents. Il s'agirait de leur chanson d'introduction, l'équivalent de " Doctor Doctor " de UFO pour Iron Maiden. Nous savions donc que le show allait commencer, et de quelle manière!! La première toune nous a donné un bon coup dans la face puisqu'il s'agissait de Hate me! Et les exploits de Children of Bodom se succédèrent sans arrêt! (Living Dead Beat, Sixpounder, Are you dead yet, Needle 24/7, Angels don't kill, Downfall, Mask of Sanity qu'ils n'avaient jamais joué à Montréal, entre autres).

La performance du groupe fut excellente. Nous avons eu droit aux classiques crachats rafraîchissants d'Alexi Laiho et à ses mouvements glam de guitare qui volait à 360 degrés autour de son corps. Janne Warman, comme d'habitude, buvait de la bière avant, après et pendant les solos, gardant la tête haute jusqu'à la fin du show, même avec autant d'alcool dans le sang. Comme quoi, la pratique fait le maître! Je suis restée vraiment admirative pour ce claviériste, comparable à un Mozart buveur de bière. Il improvisa souvent une courte introduction indiquant au public la chanson suivante, ce qui était pas mal excitant puisqu'on savait ce qui allait venir. Cependant, à un moment donné, au lieu de faire une introduction classique, il finit par improviser Billie Jeans de Michael Jackson! Pendant le show, Alexi allait souvent retrouver Janne à l'arrière de la scène pour performer les solos ensemble, le bras d'Alexi sur les épaules de Janne, tels de bons amis inséparables…

Ce qui distingua ce show des autres qu'ils ont faits à Montréal fut les effets lumineux et les ornementations sur scène. Trois grandes plaques de métal étaient suspendues à l'arrière, illuminées par des lumières puissantes qui les faisaient étinceler. Cependant, lors de la chanson " Are you dead yet " ces plaques, qui semblaient au départ des plaques de métal ordinaires, se sont allumées comme des phares formant les initiales COB. Ce fut une surprise très excitante et la foule se mit à crier!

Children of Bodom nous a offert un show beaucoup plus professionnel que les précédents, ce qui met en évidence leur succès accru et leur évolution au cours des dernières années.




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L'Édition Métallique 2006