Revue du spectacle de Therion, Beyond the Embrace et Liva
Le 12 Septembre 2005, au Medley (Montréal)
Par Nikalakon



Les lundi soirs ne sont jamais les moments idéals pour les spectacles, mais pour cette fois, ça valait amplement la peine de se déplacer puisque depuis la création du groupe il y a plus de 15 ans, Therion n'était jamais venu, pas la moindre fois, à Montréal nous offrir leur métal symphonique dont l'élément clé, les choeurs, ont fait accourir les foules un peu partout en Europe. Peu importe que ce soit lundi, samedi ou le jour de fête d'Hanouka, les fans et les amateurs de métal un peu moins extrême et destructeur que ce que nos chers Mesrine, Despised Icon ou encore Deeds of Flesh peuvent offrir se devaient d'y être. Bien sûr, le nombre de fans pour ce genre de musique (plus agressive que les groupes Power Métal qui font salles combles mais pas aussi violent que ces groupes Black ou Death qui font aussi salles combles) est plus restreint et lorsque le premier groupe se mit à jouer, des trous béants se voyaient dans la salle, d'autant plus que tout le second étage était fermé. Mais l'atmosphère digne d'un bon spectacle semblait y être et, si la majorité de la foule semblait assez jeune, de vieux fans qui les connaissaient depuis leurs débuts parsemaient aussi la salle. Enfin, à l'heure précise écrite sur le billet (wow), le show commença.

Liva fut le premier groupe à fouler la scène et la plupart des gens dans la salle les connaissaient. On pouvait entendre beaucoup de commentaires de type: "J'espère qu'ils vont jouer la 3e toune du démo de 700 copies fait en 2001, man". Non, sans farces, les gens semblaient bien connaître le groupe mais personne parlait du démo, les pièces étant les mêmes que sur l'album complet de toute façon. À peine le batteur avait-il fini de s'asseoir sur son banc que le groupe entama la première pièce de façon totalement contraire à la mollesse et la lenteur. Une excellente entrée sur scène mais les gens semblaient plutôt finir de discuter de leur fin de semaine que de porter attention au violon et à la musique. J'aime bien Liva, j'espérais que les gens embarquent rapidement pour leur offrir leur support mais plusieurs bâtons se trouvaient dans les roues de mes espérances. Tout d'abord, le jeu de lumière était carrément nul pour les premières pièces et n'allait, mais pas du tout, avec l'ambiance opérette de Liva. De plus, l'excès abusif de stoïcisme et le manque total d'expression faciale et de sourire de la violoniste incitait plutôt à accourir au bar plutôt que de se ruer les bras virevoltants au devant de la scène pour crier LIVA!!! Puis, le jeu de lumière se fit plus adapté et l'ambiance y gagna notablement, surtout pour les moments ou Catherine chantait. De leur côté, Pier Carlo (guitare) et Simon (basse) se déhanchaient et tournoyaient de la tête pour mettre un peu d'atmosphère dans les premières rangées. La foule bougea lentement mais sûrement. Une à une, les têtes de la salle imitèrent celles des musiciens et bientôt, ce fut la majorité des gens présents qui se laissèrent aller à leur "danse" habituelle, les uns se lançant contre les murs, les autres air-guitarant à volonté puis les derniers, plus réservés, bougeant à peine de la tête pour suivre le rythme. Le set ne dura pas une éternité, au grand dam de la foule qui hurla LIVA, LIVA, pour ne pas assister au rapide départ de ce premier groupe. C'est alors que l'événement de la soirée se produisit! Catherine, la violoniste, ne put retenir, en réponse à la foule, un petit sourire effacé, mais malgré tout perceptible. La foule avait réussit à vaincre la carapace de titane de ce mystère au corps de viking. Une chanson encore puis le set était bel et bien terminé. Une brillante ouverture de la part de Liva, qui offrit même une pièce de leur nouvel album, pièce qui ne laisse présager que du bon pour ce futur album.

Sans réel temps mort, les instruments de Beyond the Embrace ayant été déjà installés aux cotés de ceux de Liva dès le début, le groupe du Massachusetts fit, à son tour, son entrée sous les acclamations plutôt faibles de la foule, qui rêvassait peut-être au prochain album de Liva. Beyond the Embrace joue dans le Heavy/Death plus ou moins mélodique à mon avis, malgré les tentatives de certains fans de me convaincre du contraire avec leur: "Ce bout là est ultra mélodique, avec sa mélodie" ou encore "La guitare est tellement mélodique, on se croirait en plein coeur d'une mélodie". Bon, j'ai modifié un peu les commentaires mais je ne vois vraiment pas où vous pouvez voir de la mélodie dans Beyond the Embrace? D'accord, je l'admets, je n'ai jamais entendu leurs albums studio et c'est peut-être une erreur puisque, normalement, les mélodies sont plus facilement identifiables sur cds, mais live, ce soir là de septembre, à Montréal, la mélodie semblait être vraiment être restée sur la côte Est américaine. Ce groupe ne m'a pas du tout impressionné et la foule ne le fut guère plus. Les membres de Beyond the Embrace tentaient, tant bien que mal, de motiver la foule avec de Hé! Hé! Hé! ou encore en faisant des signes de la main, mais rien ne parvenait à briser la glace dans laquelle la foule semblait figée depuis la fin du set de Liva. Par-ci par-là des fans de ce type musical plissaient les yeux en bougeant de la tête en signe d'appréciation, mais ils étaient plutôt rares. Il faut dire que la plupart des gens s'étaient déplacés pour Therion, dont le style est aussi éloigné de celui de Beyond the Embrace que de celui de Corneille. Le groupe ne semblait pas pour autant en être perturbé, mais aux fonds d'eux-mêmes, ils devaient bien maugréer contre la situation. Leur set ne dura pas plus que nécessaire et la foule ne cria même pas le nom du groupe à la fin de leur prestation. Le seul son qui sortit de cet agrégat de pierres verticales se produisit quand le chanteur prononça le nom du groupe suivant. Manifestement, la foule était venue voir et entendre Therion, et non pas ce groupe de Death, qui n'est pas, il faut le dire, fondamentalement mauvais, mais malheureusement pour eux, la place qu'ils occupaient entre Liva avec son violon et Therion avec sa musique typiquement symphonique n'était pas vraiment appropriée.

Enfin un peu d'attente. Non je n'aime pas attendre, pas plus que ces gens qui valsent de façon à répartir leur poids en le supportant parfois avec la jambe gauche, parfois la droite, mais ce moment de répit était apprécié. Depuis le début que le tout s'enchaînait comme si les gars du son étaient attendus ailleurs un peu plus tard ce soir là pour un autre spectacle, on avait bien droit à un petit moment de calme et de jasette avant la tempête Therion non? De tout façon, l'attente ne fut pas particulièrement longue et Therion entama ses plus grands succès devant une foule déjà survoltée avant même de percevoir les ondes des premières notes musicales. 10 personnes étaient là sur scène pour Therion: les membres habituels Christofer et Kristian aux guitares, Johan à la basse et Petter à la batterie, puis trois très belles divas, dont la principale était à l'avant plan, tout comme le choriste principal, et finalement, accompagnant les deux autres demoiselles, deux autres choristes finlandais masculins. La scène regorgeait de monde avec, en plus, les agents de sécurité et les techniciens du son. Du début à la fin, le spectacle était superbe visuellement et fantastique musicalement. Kristian était en feu et semblait vraiment s'amuser sur la scène pendant que Christofer était en rogne contre les gars du son pour toutes sortes de petits détails, comme lorsque l'un des agents de sécurité marcha sur un fil, ce qui coupa le son de sa guitare. Mais malgré ces petits anicroches, il resta motivé et poursuivit en donnant aux gens présents un très bon spectacle. La diva principale était très professionnelle et ses mouvements majestueux ajoutaient un plus à sa voix dont on ne peut que dire que du bien. Catherine de Liva devrait l'étudier parce que, contrairement à la sienne, on ne sent pas de petites brusqueries dans sa voix. Celle-ci est digne des plus grandes chanteuses de ce type d'opérette. L'ambiance était parfaite et l'atmosphère dans la foule idéale. Tous semblaient connaître les chansons, même les plus vieilles et chantonnaient les refrains. Les petits problèmes de son, qui semblaient faire enrager Christofer, ne se remarquaient pas outre mesure, et le seul petit point, non pas négatif, mais n'allant pas avec la réussite totale de ce spectacle concernait les playbacks. Ceux-ci sonnaient... comme des playbacks. On sentait que c'était d'une boîte que sortaient les sons plutôt que d'un instrument live, mais cela n'affecta pas réellement la foule. Celle-ci était subjuguée par ce spectacle grandiose qui valait beaucoup plus que le prix du billet. À la fin du rappel, pour terminer la soirée calmement et ne pas laisser la foule trop sur sa faim, les membres originaux de Therion (sans la chorale) nous proposèrent des covers de Mercyful Fate et de Motörhead. Une bien belle fin de spectacle, mais disons qu'à leur place, je n'aurais peut-être pas choisi Iron Fist comme cover et dernière pièce. Mais ce n'était pas pour autant un mauvais choix et la foule ne rouspéta pas, elle n'allait quand même pas gâcher un si bon spectacle.

Bref, ce spectacle fut une réussite de A à Z, ou plutôt de A et de C à Z puisque Beyond the Embrace n'a pas vraiment participé à rendre ce spectacle meilleur qu'il ne l'était déjà. Mais à la fin, qui se souciait vraiment de Beyond the Embrace après une telle performance de Therion? Vraiment, ce spectacle a été l'un des très bon de l'année qui va se terminer dans quelques mois et nul besoin de dire que si Therion revient au Québec prochainement, ruez-vous pour acheter des billets.




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L'Édition Métallique 2005