Revue du spectacle d'Amorphis, Into Eternity, Beyond the Embrace et Single Bullet Theory
Le 16 Mars 2005, au Café Campus (Montréal)
Par An Ocean Soul
J'admets avoir beaucoup hésité avant
de me décider à assister à ce concert. J'adore Amorphis pourtant. Je les considère
comme parmi les groupes les plus originaux qui soient, de par leur style unique
et leur évolution très particulière, et j'adore leur nouveau matériel tout autant
que les vieux albums. J'ai seulement été incroyablement déçu la première fois
que je les ai vu, avec Opeth, aux Foufs, en avril 2001. Ils avaient alors donné
une performance totalement ennuyante, et je n'étais pas convaincu que ce nouveau
concert serait très différent, mais comme Amorphis ont un nouveau chanteur qui,
dit-on, préfère le vieux matériel, j'ai pensé que peut-être nous aurions droit
à un concert plus métal cette fois-ci.
Comme j'ai bien fait de penser cela!!
Le concert se donnait au Café campus, une salle que j'apprécie bien pour son
petit coté intime et sa qualité de son. Le public était peu nombreux ce soir
là, mais on pouvait s'y attendre puisque l'on était un mercredi. Les fans qui
étaient présents semblaient toutefois tous anticiper cette soirée avec impatience.
Single Bullet Theory amorça avec violence la soirée. Il s'agit d'un groupe américain
jouant un métal entre le death et le hardcore, très in-your-face à la mode américaine.
Certains se rappelleront leur chanteur, Matt Difabio, qui avait déjà ouvert
pour Cannibal Corpse avec son ancien groupe Pissing Razors. Toutefois, Single
Bullet Theory ne se compare absolument pas avec Pissing Razors! Leur style est
beaucoup plus travaillé, plus technique et, alors que Pissing razors tendait
plus sur le hardcore gras, Single Bullet Theory est principalement influencé
par le mouvement death métal. Toutefois, leur performance, même si elle était
très énergique, ne sembla pas avoir accroché la foule. J'ai tout de même apprécié
ce groupe et je suis maintenant curieux d'entendre leur album.
Vint ensuite Beyond the Embrace, que j'avais manqué en ouverture d'Helloween
pour pouvoir faire l'entrevue avec les citrouilles. J'avais alors été un peu
déçu puisque j'ai entendu beaucoup de bien de ce groupe. Originaires du Massachusetts,
ils possède eux aussi ce son typiquement américain à la fois agressif, rapide
et sans préliminaires inutiles. Dès leur arrivée sur scène, les pièces s'enchaînèrent
rapidement, sans nous laisser le temps de reprendre notre souffle. Chacune de
leurs chansons vient vous frapper en plein visage et s'infiltre dans votre cou
et dès lors, vous ne pouvez plus l'empêcher d'envoyer votre tête (et les cheveux
y reposant du même coup) dans tous les sens! C'est exactement le genre de groupe
que j'adore voir en première partie. La salle s'est réchauffée immédiatement
au son mordant et énergique du groupe. Beyond the Embrace mélange le death suédois
avec le thrash métal pour obtenir un métal extrêmement efficace. Leur style
est accrocheur, les mélodies faciles à assimiler et les compositions assez complexes
pour être appréciées du métalleux critique moyen. Leur chanteur à une excellente
voix, gutturale dans les couplets et clean pour les chœurs, semblable à la recette,
si efficace, qu'utilise Killswitch Engage. Leur performance était dynamique,
assurée et amicale. Ils ont su établir un bon contact avec le public, les déclouant
de leur siège pour donner même un début de thrash. Une excellente ouverture
donc pour le prochain groupe, Into Eternity.
Je ne connaissais absolument pas ce groupe avant le concert, malgré qu'il s'agisse
d'un groupe canadien (de Saskatchewan exactement), et je ne savais absolument
pas à quoi m'attendre, surtout lorsque j'ai vu trois gros mecs rasés et baraqués
arriver sur scène suivis d'un mec avec une gueule à mi-chemin entre Leonardo
Dicaprio et Boom Desjardins. " Mais de quoi s'agit-til, de death ou de power
métal? " me dis-je alors. Et bien, ni l'un ni l'autre, mais les deux en même
temps! Leur style est très particulier, avec une guitare agressive et une autre
néo-classique nous envoyant des passes rappelant Maslmsteen, une batterie fracassante
et un chanteur dont la voix se situe dans les deux extrêmes : une voix claire
très aigue et Power métal et une voix criarde black métal, qui me faisait un
peu penser à Dani Filth. Le mélange de tout cela est une musique rapide, intense,
simple dans ses compositions mais technique pour ses musiciens. On pourrait
le décrire comme un Power métal agressif, avec une touche heavy néo-classique.
Leur performance sur scène fut excellente. Ce fut un passage rapide mais extrêmement
divertissant.
Finalement vint un Amorphis qui, dès le premier coup d'œil, me rassura de mon
choix d'être venu à ce concert. Le nouveau chanteur est un petit dur aux longs
cheveux en dreads, avec pantalons d'armée et bottes de combat! Wow! Sacré changement
comparé au look rockeur émotif du dernier vocaliste. Suivant leur chanteur,
tout le groupe s'était retourné vers leurs racines, et c'était un Amorphis définitivement
métal qui se présentait devant nous! Ils en ravirent plus d'un en jouant plusieurs
pièces de leur album culte Tales from the Thousand Lakes, une pièce de leur
Karelian Isthmus et une de Elegy, et aussi beaucoup de matériel de leur trois
derniers albums, qu'ils exécutèrent de manière beaucoup plus agressive que sur
les albums. Le nouveau vocaliste est plus présent sur scène que l'était Pasi
Koskinen et son attitude convient beaucoup mieux aux goûts de notre public québécois.
La nouvelle attitude agressive du groupe et leurs compositions bien exécutées
eurent vite fait de réveiller la salle. Les fans étaient peu nombreux, mais
ils surent animer la place pour remercier les membres d'Amorphis d'être venus
de si loin. Le seul défaut de ce concert était le son un peu médiocre de la
salle qui ne permettait pas d'apprécier les subtilités des compositions. Le
clavier sur Black Winter Day était pratiquement absent et la basse, très importante
dans ce groupe, ne se démarquait pas vraiment. Mais leur performance visuelle
était si impressionnante que j'ai vite oublié ces petits détails techniques
pour apprécier pleinement le spectacle. Ils ont réellement changé pour le mieux,
du moins pour leur performance sur scène, et je suis d'autant plus curieux à
présent de voir ce que ce groupe a de plus en réserve pour nous pour l'avenir.
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L'Édition Métallique 2005