Revue du spectacle de Last Breath, Icewind et Metalodik
Le 8 Avril 2005, à l'Alizé (Montréal)
Par An Ocean Soul


Au départ, c'est pour Icewind que je me rendais à cette soirée. Ça va être la quatrième fois que je vais voir ce groupe en concert, qui en est à son sixième en carrière, et je me plais toujours à suivre leur évolution. J'ai toujours cru en leur potentiel et on peut voir qu'ils travaillent fort car chaque concert était jusqu'à ce jour meilleur que le précédent. Cette soirée là, ils ouvraient pour Last Breath, une groupe que je respecte énormément. Ils sont parmi les doyens de notre scène (le groupe a débuté en 1988!) mais ils ont toujours conservé leur style et leur attitude de vieux thrasheux. Ils n'ont toutefois jamais vraiment décollé de la scène underground et je considère cela bien dommage puisqu'ils forment un groupe solide et talentueux qui aurait tout, selon moi, pour figurer parmi les gros noms. Je crois cependant que c'est justement leur attitude conservatrice qui les garde dans l'underground mais, tant pis, ce ne sera que les vrais fans qui vont en profiter!

La salle n'était pas bien pleine pour un vendredi soir mais je n'ai pas vraiment vu de publicité pour le concert alors je n'en suis pas très étonné. Tout de même, l'esprit était à la fête. L'atmosphère de la soirée semblait plus s'orienter vers un petit concert intime. Cela me plait bien, surtout à l'Alizé, qui est une salle agréable pour des petits nombres.

Metalodik, jeune groupe en provenance de Charlevoix et qui m'était alors totalement inconnu ouvrait la soirée. Il s'agit d'un groupe de métal progressif mélodique composé de jeunes et très talentueux musiciens du point de vue technique. Toutefois, leurs compositions ne sont pas encore assez solides. Comme beaucoup de jeunes groupes, on retrouve de nombreux passages intéressants mais le tout est plutôt décousu, les transitions faibles et les pièces manquent d'intensité. Bien sûr, ils en sont encore à leurs premières expériences de scène et leur stress visible fit en sorte que leur performance était un peu frigide. J'ai toutefois apprécié de découvrir ce groupe et j'espère qu'ils n'abandonneront pas car le talent y est. Il ne manque que la chimie pour ajouter la magie nécessaire à la musique.

Icewind débarqua ensuite sur scène, en pleine forme, prêt à secouer la salle avec leur Power métal mélodique à la mode européenne. Ils sont peut-être jeunes mais leur manque d'expérience est amplement compensé par leur énergie, leur charisme et leur volonté; volonté de nous en mettre plein la vue! Ils ont comprit qu'un concert, c'est bien plus que seulement de la musique. Leurs performances sont entièrement calculées et chorégraphiées pour donner un spectacle à la fois amusant et impressionnant. Ils mélangent le coté profond et émotionnel du Power métal avec le sens du spectacle du Heavy Métal traditionnel. Ils jouèrent la presque totalité de leur répertoire (qui n'est pas énorme il ne faut pas se le cacher) ainsi que des reprises de Sonata Artica, Stratovarius et Edguy. Le tout fut admirablement bien exécuté, chaque pièce enchaînait la précédente dans une rafale électrisante de solide Power métal. Des quatre concerts d'Icewind que j'ai eu le plaisir de voir, celui-ci était définitivement le meilleur. Le groupe s'est grandement amélioré, particulièrement la voix du chanteur Gabriel, qui constituait un des points faibles du groupe auparavant. Il est maintenant beaucoup plus puissant et sa voix a pris beaucoup d'assurance. Elle nous semble ainsi beaucoup plus naturelle et véhicule donc bien mieux les émotions des pièces. Une performance vraiment impressionnante, qui les dirige selon moi en tête de la relève Power Métal au Québec. Avec une telle détermination, je ne serais pas surpris de les voir rivaliser avec Forgotten Tales pour l'ouverture des grands groupes européens.

La barre était donc placée très haute pour Last Breath qui suivait ensuite.

Par chance, ces deux groupes oeuvrent dans deux styles totalement opposés. Les quatres irréductibles trasheux de Last Breath montèrent sur scène avec l'assurance d'un groupe qui en a vu d'autres. Ils semblaient très heureux d'être là, même malgré la très petite foule présente. Leur performance fut simple, directe et très amicale. Tout à l'inverse d'Icewind, il n'y a pas de grand jeu ni de cascades chez Last Breath. Ils nous envoyèrent leur Thrash Métal simplement sur la gueule, et c'est particulièrement efficace! Leurs seuls artifices furent leurs très sympathiques colonnes de têtes et la venue en cercueil de la nouvelle chanteuse Véronik Bellemare pour la pièce La Morte. Leur prestation m'a énormément plu. Leur style est classique, du bon vieux thrash de la vieille école qui reste toujours très efficace même de nos jours, particulièrement en concert. La salle retomba vite dans cet état d'esprit, un peu primitif, du métalleux qui frappe sur ses pottes et brandit le poing pour montrer son appréciation (j'adore le métal!) et Last Breath eurent droit à un accueil des plus chaleureux. J'ai déjà hâte de les revoir!




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L'Édition Métallique 2005